II. Jeux vidéo/Internet et jeux de hasard et d’argent

2014


ANALYSE

12-

Jeux de hasard et d’argent

Par jeux de hasard et d’argent, on entend toute forme de jeu impliquant que le joueur engage de l’argent (ou un objet de valeur), que la mise est irréversible et que l’issue du jeu dépend totalement ou en partie du hasard.
Un parallèle peut être fait entre les addictions aux substances psychoactives et les addictions comportementales, et différents termes sont utilisés pour décrire les différents stades successifs du parcours addictif. Ainsi, en matière de pratique des jeux de hasard et d’argent, on parle de pratique sociale ou récréative (similitude avec l’usage simple de substances psychoactives), de pratique à risque ou problématique (similitude avec l’abus) et de jeu pathologique ou excessif (similitude avec la dépendance).
Le jeu pathologique est défini comme une pratique inadaptée, persistante et répétée du jeu, comme en témoigne la présence d’au moins 5 critères, et à condition qu’elle ne soit pas mieux expliquée par un épisode maniaque. La présence de 3-4 critères suffit à parler de jeu à risque (tableau 12.Irenvoi vers).

Tableau 12.I Critères diagnostiques du jeu pathologique selon le DSM-IV (APA, 1994renvoi vers)

A. Pratique inadaptée, persistante et répétée du jeu
– Préoccupation par le jeu
– Besoin de jouer avec des sommes d’argent croissantes pour atteindre l’état d’excitation désiré
– Efforts répétés mais infructueux pour contrôler, réduire, arrêter la pratique
– Agitation ou irritabilité lors des tentatives de réduction ou d’arrêt de la pratique
– Joue pour échapper aux difficultés ou pour soulager une humeur dysphorique
– Après avoir perdu de l’argent au jeu, retourne souvent jouer un autre jour pour recouvrer ses pertes (pour « se refaire »)
– Ment à sa famille, à son thérapeute ou à d’autres pour dissimuler l’ampleur réelle de ses habitudes de jeu
– Commet des actes illégaux (vols, détournement d’argent…), pour financer la pratique du jeu
– Met en danger ou perd une relation affective importante, un emploi ou des possibilités d’étude ou de carrière à cause du jeu
– Compte sur les autres pour obtenir de l’argent et sortir de situations financières désespérées dues au jeu
B. La pratique du jeu n’est pas mieux expliquée par un épisode maniaque
La récente parution du DSM-5 confirme bien la logique à considérer le jeu pathologique comme une addiction (APA, 2013renvoi vers). La catégorie nosographique « jeu pathologique » est déplacée du groupe des « troubles du contrôle des impulsions, non spécifiés ailleurs » au groupe des « troubles liés aux substances et addictifs ». Le terme de « pathological gambling » est remplacé par celui de « gambling disorder », que l’on pourrait traduire par « trouble lié à la pratique des jeux de hasard et d’argent ». Cette dernière version du DSM a éliminé le critère « commet des actes illégaux… » dont la fréquence de survenue était faible chez les sujets ayant des problèmes de jeu.
Les critères diagnostiques proposés désormais sont présentés dans le tableau 12.IIrenvoi vers.

Tableau 12.II Critères diagnostiques du « gambling disorder » (trouble lié à la pratique des jeux de hasard et d’argent) selon le DSM-5 (APA, 2013renvoi vers)

A. Persistent and recurrent problematic gambling behavior leading to clinically significant impairment or distress, as indicated by the individual exhibiting four (or more) of the following in a 12-month period :
1. Needs to gamble with increasing amounts of money in order to achieve the desired excitement
2. Is restless or irritable when attempting to cut down or stop gambling
3. Hade made repeated unsuccessful efforts to control, cut back, or stop gambling
4. Is often preoccupied with gambling (e.g., having persistent thoughts or reliving past gambling experiences, handicapping or planning the next venture, thinking of ways to get money with which to gamble)
5. Often gambles when feeling distressed (e.g., helpless, guilty, anxious, depressed)
6. After losing money gambling, often returns another day to get even (“chasing” one’s losses)
7. Lies to conceal the extent of involvement with gambling
8. Has jeopardized or lost a significant relationship, job, or educational or career opportunity because of gambling
9. Relies on others to provide money to relieve desperate financial situations caused by gambling
B. The gambling behaviour is not better explained by a manic episode

Niveaux de pratique des jeux de hasard et d’argent

L’adolescence, période de turbulences s’il en est, s’accompagne souvent d’un engagement dans de multiples comportements de prise de risque, y compris la pratique des jeux de hasard et d’argent. On sait ainsi que 60 % des sujets qui initient un usage de substance illicite et 80 % des sujets qui initient un usage d’alcool ou de tabac le font avant 18 ans (Villella et coll., 2011renvoi vers). Alors que les alcoolisations des adolescents, en particulier lorsqu’elles sont massives, ont attiré l’attention des médias dans de nombreux pays occidentaux depuis plusieurs années, les taux moyens de participation à des jeux de hasard et d’argent sur la vie entière et sur l’année écoulée dépassent largement les estimations de l’usage d’alcool, sans que cela n’entraîne de mesures de santé publique spécifiques (Cronce et coll., 2007renvoi vers). On ne peut aussi que faire le constat du peu de données françaises dont nous disposons au sujet des niveaux de pratique des jeux de hasard et d’argent chez les adolescents.
Dans la plupart des pays occidentaux, la pratique des jeux de hasard et d’argent est illégale avant la majorité. Quelques études affirment que l’accessibilité aux jeux de hasard et d’argent de façon légale augmente le risque de s’engager dans cette pratique et de développer des troubles qui y sont liés. Ces études mettent aussi en exergue la disparité des législations nationales, voire régionales (Delfabbro et coll., 2005renvoi vers). La pratique des jeux de hasard et d’argent existe néanmoins chez les adolescents et semble être en augmentation croissante. Jacobs rapportait ainsi une évolution perceptible en Amérique du Nord (Jacobs, 2000renvoi vers). S’appuyant sur des études indépendantes, il précisait que la pratique au moins annuelle des jeux de hasard et d’argent chez les adolescents était de l’ordre de 45 % entre 1984 et 1988, et de l’ordre de 66 % entre 1989 et 1998 (Jacobs, 2000renvoi vers). Parmi les études menées sur de larges échantillons de sujets scolarisés, celle de Moore et Ohtsuka en Australie (Moore et Ohtsuka, 2000renvoi vers) et celle de Cronce et de ses collaborateurs aux États-Unis (Cronce et coll., 2007renvoi vers), indiquent respectivement que 88,7 % et 83,5 % des adolescents interrogés avaient déjà expérimenté au cours de leur vie la pratique des jeux de hasard et d’argent. Une autre rapportait que 66 % des sujets de l’échantillon testé avaient joué au moins une fois au cours de l’année écoulée, et que 20 % avaient une pratique hebdomadaire des jeux de hasard et d’argent (Derevensky et coll., 2007renvoi vers).
Plus près de chez nous, en Suisse, 48,3 % des jeunes âgés de 15 à 24 ans avaient joué au moins une fois au cours de l’année écoulée et 13,5 % jouaient au moins une fois par semaine (Luder et coll., 2010renvoi vers). Très récemment, une étude menée en Grande-Bretagne auprès d’adolescents âgés de 11 à 15 ans indiquait que 28,2 % des garçons et 12,7 % des filles avaient joué à un jeu de hasard et d’argent dans la semaine précédente. Cette étude, qui était répliquée régulièrement, contredisait l’idée que la prévalence augmentait au fil du temps, et ce malgré l’accessibilité accrue des jeux de hasard et d’argent en ligne (Forrest et McHale, 2012renvoi vers). Il est donc difficile de conclure de façon définitive quant à l’existence d’un lien entre accessibilité des jeux de hasard et d’argent et troubles liés à leur pratique. En Finlande, 44 % des adolescents âgés de 12 à 18 ans avaient joué au moins une fois au cours des 6 derniers mois et ils étaient 12 % à jouer de façon hebdomadaire (Raisamo et coll., 2013renvoi vers).
En France, l’étude Escapad (Enquête sur la santé et les consommations réalisée lors de la Journée Défense et Citoyenneté) a exploré en 2011 pour la première fois la pratique des jeux de hasard et d’argent chez les adolescents de 17 ans : 44 % d’entre eux ont déjà joué au cours de leur vie (50 % des garçons et 38 % des filles), 39 % ont joué au cours de l’année écoulée (45 % des garçons et 33 % des filles) et 10 % ont joué au cours de la semaine (14,7 % des garçons et 6,6 % des filles) (OFDT, 2013renvoi vers).
L’initiation à la pratique des jeux de hasard et d’argent peut être très précoce. Une étude menée auprès d’étudiants de la région de Montréal indiquait que l’âge moyen de leur première expérience de jeu était de 11,5 ans (Gupta et Derevensky, 1998renvoi vers). Une autre retrouvait une initiation plus tardive (15,6 ans en moyenne), mais évaluée de façon rétrospective, au début de l’âge adulte, ce qui peut induire un biais de mémorisation (Auger et coll., 2010renvoi vers).
La prévalence de la pratique au cours de l’année écoulée augmente avec l’âge (Breyer et coll., 2009renvoi vers) et le sex-ratio est nettement en faveur des garçons (Moore et Ohtsuka, 2000renvoi vers ; Currie et coll., 2006renvoi vers ; Cronce et coll., 2007renvoi vers ; Derevensky et coll., 2007renvoi vers ; Luder et coll., 2010renvoi vers).
Une étude australienne a rapporté que, parmi les adolescents qui jouaient plus d’une fois par mois, les jeux de prédilection étaient les paris sur les matchs de football et les jeux de cartes pour les garçons, et les jeux de loterie pour les filles (Moore et Ohtsuka, 2000renvoi vers). S’il est difficile de généraliser cette différence liée au genre, qui dépend probablement de nombreux facteurs socioculturels, on peut néanmoins faire le parallèle avec les joueurs adultes : les hommes préfèrent les jeux dits « stratégiques » (paris sportifs, jeux de carte) et les femmes les jeux « non stratégiques » (jeux de grattage, machines à sous) (Echeburua et coll., 2011renvoi vers).
Sans tenir compte du genre, les jeux de loterie et de grattage arrivaient en tête des préférences dans l’étude australienne. Les mêmes tendances étaient retrouvées chez les joueurs occasionnels : les garçons préféraient les jeux de cartes et les filles les jeux de loterie (Derevensky et coll., 2007renvoi vers). En France, les jeux de prédilection des adolescents sont également les jeux de grattage et de tirage (OFDT, 2013renvoi vers).
Les adolescents jouant au moins une fois par semaine se distinguent des autres par le nombre de jeux pratiqués, les premiers s’engageant dans davantage de jeux différents. Deux raisons peuvent l’expliquer. Jouer plus fréquemment donne l’opportunité de tester plus de variétés de jeu. On peut aussi supposer que les joueurs « fréquents » attachent plus d’importance au fait de jouer qu’au jeu lui-même (Luder et coll., 2010renvoi vers).
L’apparition de nouvelles technologies a révolutionné la pratique des jeux de hasard et d’argent. Internet procure une accessibilité et une disponibilité des jeux de hasard et d’argent incomparables. Il garantit l’anonymat des joueurs et promeut la pratique des jeux de hasard et d’argent par des publicités attractives. L’ensemble de ces aspects sont terriblement séduisants pour les adolescents, de plus en plus nombreux à utiliser ce support de façon générale, et pour jouer en particulier. Une étude récente menée en Grèce auprès d’un échantillon de près de 500 adolescents (âge moyen : 14,9 ans) a ainsi indiqué qu’ils étaient 15 % à jouer à des jeux de hasard et d’argent sur Internet. Parmi eux, la moitié jouait fréquemment, plutôt depuis un cybercafé qu’à la maison (Tsitsika et coll., 2011renvoi vers). L’ouverture à la concurrence et à la régulation du marché des jeux de hasard et d’argent en ligne en juin 2010 pourrait favoriser la même tendance en France. Ainsi, 8 % des adolescents déclaraient quelques mois après la mise en application de la loi avoir joué sur Internet (UNAF, 18 novembre 2010)1 . Nous ne disposons pas de données relatives à la période antérieure. En France, près de 14 % des adolescents de 17 ans déclaraient avoir joué à un jeu de hasard et d’argent sur Internet au moins une fois dans l’année écoulée (OFDT, 2013renvoi vers). À titre de comparaison, l’enquête Prévalence-e-Jeu 2012 permet d’établir que dans l’ensemble de la population française, 3,7 % des personnes âgées de 18 ans et plus déclarent avoir joué à un jeux de hasard et d’argent en ligne au cours des douze mois précédant l’enquête, soit environ deux millions de personnes (Tovar et coll., 2013renvoi vers).

Données de prévalence des troubles liés à la pratique des jeux de hasard et d’argent

Il est difficile de comparer les études portant sur la prévalence d’un usage problématique de jeux chez les adolescents, en raison des bornes d’âge retenues, de l’instrument d’évaluation choisi, de la disponibilité locale des jeux de hasard et d’argent, et de façon plus générale des facteurs socioculturels du pays. Les instruments d’évaluation sont présentés dans une partie ultérieure du chapitre. Selon l’outil, on parlera de « joueurs à risque », de « joueurs problématiques », de « joueurs pathologiques probables », de « joueurs pathologiques », de « joueurs excessifs ». Ces différents termes reflètent des niveaux de sévérité des troubles variables et font référence à du dépistage ou du diagnostic. Leur nombre apporte parfois de la confusion lors de l’interprétation et de la comparaison des résultats des études. L’approche plus dimensionnelle du DSM-5, qui ne retient que la notion de troubles liés à la pratique des jeux, contribuera certainement à simplifier les conclusions.
Parmi les premières études de prévalence des problèmes de jeu menées en population étudiante, celle de Gupta et Derevensky, menée au Canada (région de Montréal), précisait que 4,7 % des sujets évalués présentaient les critères diagnostiques du jeu pathologique (Gupta et Derevensky, 1998renvoi vers). Par la suite, de nombreuses études ont été réalisées, dans différents pays occidentaux, avec des résultats variables. Les sujets inclus (âge moyen : 14 ans) dans l’étude australienne de Delfabbro présentaient pour 5 % d’entre eux des problèmes de jeu (Delfabbro et coll., 2005renvoi vers). Les données australiennes parues en 2000 indiquaient qu’environ 2 % des adolescents interrogés présentaient des « problèmes ou de potentiels problèmes de jeu » (Moore et Ohtsuka, 2000renvoi vers). Les taux de prévalence les plus élevés (et sensiblement identiques) sont rapportés par des auteurs Nord-Américains. Cronce et ses collaborateurs retrouvaient 8,3 % de joueurs à risque et 8,6 % de joueurs pathologiques probables2 dans leur échantillon de près de 4 000 adolescents âgés de 14-21 ans, évalués par le SOGS-RA (Cronce et coll., 2007renvoi vers), et Derevensky et ses collaborateurs 8 % de joueurs à risque et 4,9 % de joueurs pathologiques probables parmi 2 336 adolescents âgés de 12-19 ans, évalués par le DSM-IV-MR-J (Derevensky et coll., 2007renvoi vers). Au Brésil, la prévalence du jeu problématique/pathologique concernait 1,6 % des adolescents âgés de 14 à 17 ans (Spritzer et coll., 2011renvoi vers).
Parmi les études européennes, celle menée en Italie auprès de 2 853 adolescents (âge moyen : 16,7 ans) retrouvait une prévalence du jeu pathologique de 7 % (Villella et coll., 2011renvoi vers). L’instrument d’évaluation était le SOGS-RA. En Norvège, la prévalence du jeu pathologique était de 2,5 % et celle du jeu problématique de 1,9 %, dans un échantillon de plus de 1 300 adolescents (Molde et coll., 2009renvoi vers). En Grande-Bretagne, la prévalence du jeu problématique parmi les adolescents de 11-15 ans était de 1,9 %. Elle s’élevait à 8,7 % des garçons et 5,6 % des filles qui avaient joué à un jeu de hasard et d’argent dans la semaine précédente (Forrest et McHale, 2012renvoi vers).
En France, l’étude Escapad menée en 2011 retrouvait, parmi les joueurs sur la semaine écoulée, près de 14 % de joueurs à risque modéré et 3 % de joueurs excessifs (l’outil utilisé, l’Indice Canadien du Jeu Excessif, est décrit plus loin). Le terme « joueur excessif » équivaut cliniquement à celui de « joueur pathologique » (OFDT, 2013renvoi vers).

Davantage de troubles que chez les adultes ?

Une méta-analyse, portant sur 146 études de prévalence des troubles liés à la pratique des jeux de hasard et d’argent menées en Amérique du Nord, a permis de conclure que les adolescents souffraient plus de « jeu à risque » (prévalence de 14,6 % sur l’année écoulée et de 8,4 % sur la vie entière) et de « jeu pathologique » (prévalence de 4,8 % sur l’année écoulée et de 3,4 % sur la vie entière) que les adultes (Shaffer et Hall, 2001renvoi vers). En France, à partir de l’étude Escapad menée en 2011 en population adolescente (OFDT, 2013renvoi vers) et de l’étude menée par l’OFDT et l’Inpes en 2010 en population générale adulte (Costes et coll., 2011renvoi vers), il est montré que les adolescents souffrent plus de « jeu à risque modéré » que les adultes (tableau 12.IIIrenvoi vers).

Tableau 12.III Prévalences du « jeu à risque modéré » et du « jeu excessif » en population adolescente et en population adulte (d’après Costes et coll., 2011renvoi vers ; Escapad, 2011)

 
Prévalence (%)
 
Jeu à risque modéré
Jeu excessif
Adolescents (ayant joué dans la semaine écoulée)
14
3
Adultes (joueurs « actifs » : ayant joué au moins 52 fois et/ou ayant misé plus de 500 euros dans l’année écoulée)
7,1
3,7
Différents facteurs peuvent expliquer la surreprésentation des troubles (plus ou moins sévères) liés à la pratique des jeux de hasard et d’argent chez les adolescents par rapport aux adultes. Ainsi, on peut citer : l’effet probable de l’interaction entre l’adolescence et le contexte social actuel, qui rend l’adolescent plus vulnérable à une pratique addictive des jeux de hasard et d’argent (Villella et coll., 2011renvoi vers) ; le fait que certains instruments d’évaluation spécifiques de la population adolescente, tel que le SOGS-RA, surestiment les problèmes de jeu (Ladouceur et coll., 2000arenvoi vers) ; la nature transitoire des troubles et leur résolution naturelle au début de l’âge adulte, pour une grande partie des sujets, de la même façon que les adolescents abandonnent progressivement un certain nombre de comportements à risque.
Quoi qu’il en soit, les adolescents ayant des troubles liés à leur pratique des jeux de hasard et d’argent ont tendance à minimiser leur existence ou leur sévérité, et donc à ne pas demander de l’aide pour y faire face (Hardoon et coll., 2003renvoi vers).
Pour conclure, il ressort de ces travaux que la prévalence des troubles liés à la pratique des jeux de hasard et d’argent est élevée à l’adolescence dans les pays occidentaux, allant de presque 2 % au Brésil à presque 17 % aux États-Unis. La France se situerait donc à un niveau plutôt bas, de l’ordre de 1,7 %, si l’on considère que, parmi les adolescents déclarant avoir joué dans la semaine écoulée (10 % de la population interrogée dans l’enquête Escapad), 17 % présentaient une pratique des jeux à risque modéré ou excessive.

Motivations et représentations

La pratique des jeux de hasard et d’argent est ressentie comme un loisir agréable, excitant, associé à des valeurs positives par les jeunes (Moore et Ohtsuka, 2000renvoi vers). Leur optimisme leur fait surestimer leurs chances de gagner. L’illusion de gagner facilement de l’argent et d’accéder ainsi à une vie meilleure contribuerait à rendre la pratique des jeux de hasard et d’argent attractive (Currie et coll., 2006renvoi vers).
L’intolérance à l’ennui peut aussi conduire les adolescents à s’engager dans la pratique des jeux de hasard et d’argent.
Les adolescents ayant une pratique à risque ou problématique/pathologique des jeux de hasard et d’argent, plus que les autres, rapportent jouer pour s’exciter, gagner de l’argent, s’évader ou être en relation avec d’autres. Dans l’étude de Yip et coll. (2011)renvoi vers, la seule motivation qui permette de distinguer joueurs à risque et joueurs pathologiques concerne l’évasion (Yip et coll., 2011renvoi vers).

Facteurs associés

Facteurs de risque et facteurs de protection liés à l’adolescent : antécédents, personnalité, pathologies

Comme pour toute conduite addictive, il est classique de considérer le jeu pathologique comme l’interaction des multiples facteurs de risque et de vulnérabilité, d’ordre individuel, socio-environnementaux ou encore liés à l’objet addictif, en l’occurrence la pratique des jeux de hasard et d’argent. Ces facteurs de risque sont résumés dans plusieurs ouvrages ou articles de synthèse français récents, spécifiques de l’adolescence ou non (Inserm, 2008renvoi vers ; Bouju et coll., 2011renvoi vers ; Caillon et coll., 2012renvoi vers ; Grall-Bronnec, 2012renvoi vers).

Âge de début

À l’instar des autres conduites addictives, l’un des principaux facteurs de risque est représenté par la précocité de l’initiation à la pratique des jeux de hasard et d’argent. Elle est associée à une plus grande fréquence du jeu problématique/pathologique chez les adolescents (Rahman et coll., 2012renvoi vers). Certains travaux indiquent que les adolescents joueurs pathologiques ont expérimenté la pratique des jeux de hasard et d’argent très jeunes, vers l’âge de 10 ans environ (Shead et coll., 2011arenvoi vers). Il s’agit là d’un facteur de mauvais pronostic, en ce sens que la précocité de la pratique des jeux de hasard et d’argent est aussi associée à la sévérité des symptômes psychiatriques (dépression, tentative de suicide et troubles oppositionnels) à l’adolescence et à l’abus/dépendance à l’alcool et aux substances illicites chez l’adulte jeune (Desai et coll., 2005renvoi vers). Une étude menée auprès d’un échantillon de joueurs pathologiques adultes en soins a indiqué que ceux dont l’âge de début de la pratique des jeux de hasard et d’argent se situait dans le premier quartile (âge moyen=10,5 ans) avaient au moment de l’évaluation les problèmes familiaux et sociaux et les troubles psychiatriques et liés à l’usage de substances les plus sévères (Burge et coll., 2006renvoi vers).
Il apparaît que l’âge d’initiation a un impact persistant tout au long de la vie : ainsi, chez des joueurs problématiques âgés d’au moins 65 ans, ceux qui avaient débuté leur pratique des jeux de hasard et d’argent avant 21 ans jouaient plus, étaient en moins bonne santé et rapportaient plus d’antécédents de troubles psychiatriques sur la vie entière, que ceux qui avaient débuté leur pratique des jeux de hasard et d’argent après 21 ans (Burge et coll., 2004renvoi vers).
L’une des rares études ayant retracé les étapes du parcours d’adolescents ayant des troubles liés à la pratique des jeux indiquait que le délai entre l’âge de début du jeu régulier et l’âge de début du jeu problématique était très court, de l’ordre de quelques mois seulement, attestant de la rapidité de la perte de contrôle sur le comportement de jeu (Spritzer et coll., 2011renvoi vers).

Sexe masculin

Quelles que soient les études, le sexe masculin est un facteur de risque majeur, spécifique, tant d’expérimenter la pratique des jeux de hasard et d’argent que de développer des problèmes de jeu à l’adolescence (Cronce et coll., 2007renvoi vers ; Villella et coll., 2011renvoi vers ; Shead et coll., 2011arenvoi vers ; Forrest et McHale, 2012renvoi vers). Ainsi, à titre d’exemple, la prévalence du jeu pathologique était en Italie de 9,7 % chez les adolescents et de seulement 2,9 % chez les adolescentes (Villella et coll., 2011renvoi vers). En France, à partir de l’étude Escapad menée en 2011 en population adolescente, la prévalence du « jeu à risque modéré » était de 15,5 % chez les garçons et de 9,5 % chez les filles ; concernant le « jeu excessif », la prévalence était respectivement de 3,7 % et 1,2 % chez les garçons et les filles (OFDT, 2013renvoi vers).

Stratégies de « coping »

L’adolescence est une période durant laquelle le sujet apprend à réguler ses émotions et à développer son arsenal de stratégies de coping, lui permettant de faire face au stress. S’engager dans la pratique des jeux de hasard et d’argent peut en être une, inadaptée si elle est univoque et persistante. Les adolescents vulnérables sur le plan émotionnel sont plus enclins que les autres à adopter la pratique des jeux de hasard et d’argent comme moyen de s’extraire de leur quotidien douloureux (Storr et coll., 2012renvoi vers). Pour eux, le jeu revêt une fonction singulière, qu’il convient d’interroger. Plus que l’espoir d’un gain ou la recherche du plaisir (agissant comme renforcement positif), l’évasion émotionnelle (renforcement négatif) est la motivation principale. Ils tentent surtout de contourner leurs difficultés existentielles par un court-circuit de la pensée, en se plaçant dans une sorte d’état dissociatif qui réduit l’attention et régule l’humeur.
Ces sujets sont appelés « émotionnellement vulnérables » dans un modèle intégratif de compréhension du jeu pathologique de l’adulte (Blaszczynski et Nower, 2002renvoi vers), en partie validé chez l’adolescent (Gupta et coll., 2013renvoi vers). Le trouble addictif s’installe peu à peu, comme une conséquence de la vulnérabilité émotionnelle, qui se traduit aussi par de fréquentes comorbidités anxio-dépressives, préexistantes aux problèmes de jeu. Par ailleurs, ces sujets rapportent le plus souvent une mauvaise estime de soi, un sentiment d’infériorité ou d’illégitimité, une faible tolérance à l’ennui, ces traits étant perçus précocement dès l’enfance. L’histoire développementale est marquée en outre par des traumatismes précoces et des expériences négatives, et se prolonge à l’âge adulte par de faibles capacités d’adaptation et de résolution de problèmes.
On retrouve d’autres stratégies de coping inadaptées (par exemple se réfugier dans le sommeil, éviter la compagnie des autres, manger pour se réconforter) (Afifi et coll., 2010renvoi vers). Il semble que les joueurs problématiques adoptent principalement des stratégies de coping par évitement et fuite, notamment vers d’autres conduites addictives, ainsi que des stratégies de coping orientées sur la régulation des émotions, à l’inverse des non-joueurs et des joueurs récréatifs, qui présentent des stratégies de coping centrées sur la résolution du problème (Gupta et Derevensky, 2001renvoi vers).

Évènements de vie

Chez les adultes, il a été démontré que les évènements de vie traumatisants étaient associés à une augmentation du risque de développer une pratique pathologique des jeux de hasard et d’argent (Lobo et Kennedy, 2009renvoi vers). On sait ainsi que plus les évènements de vie traumatisants sont nombreux et/ou graves dans l’enfance, plus l’initiation aux jeux de hasard et d’argent sera précoce et plus les troubles liés à la pratique des jeux de hasard et d’argent seront sévères (Petry et Steinberg, 2005renvoi vers ; Scherrer et coll., 2007renvoi vers). Parmi les évènements traumatisants de l’enfance, la négligence par les parents est celui qui est le plus associé au jeu pathologique, suivi par les abus sexuels ou physiques.
Les travaux portant directement sur une population d’adolescents sont plus rares. Ils indiquent néanmoins une association entre l’expérience d’évènements menaçants et déviants/violents et le fait de jouer fréquemment à des jeux de hasard et d’argent (Storr et coll., 2012renvoi vers) ou entre différents types de violence subis durant l’enfance et la sévérité du problème de jeu (Felsher et coll., 2010renvoi vers).

Personnalité

Il est difficile de parler de troubles de la personnalité à l’adolescence, tout au plus peut-on évoquer certains traits de personnalité particuliers, des éléments de tempérament ou de caractère. Une étude a ainsi conclu que les adolescents présentant des troubles liés à leur pratique des jeux de hasard et d’argent se distinguaient des autres par des scores anormaux d’excitabilité, de conformisme, d’auto-discipline et de bonne humeur (Shead et coll., 2011arenvoi vers). Selon les mêmes auteurs, ces adolescents ont tendance à adopter des comportements moins contrôlés, en raison de l’impulsivité, de la distractibilité, de l’hyperactivité, de la difficulté à se conformer aux normes du groupe, tout en donnant l’impression d’aller bien. Parmi ceux dont les problèmes de jeu sont les plus sévères, on retrouve un haut niveau d’intolérance à la frustration et à l’ennui, de désinhibition, d’impulsivité, d’anxiété, d’impatience et d’irritabilité. La recherche de sensations, inhérente au processus d’adolescence, est souvent évoquée, de même que la recherche de nouveauté (Goudriaan et coll., 2009)renvoi vers.

Impulsivité

Il s’agit d’une dimension de personnalité particulière, prépondérante dans la survenue des troubles addictifs, qu’il convient d’isoler et de décrire plus spécifiquement. Elle apparaît comme un facteur de risque indéniable dans l’expérimentation et l’initiation à la pratique des jeux de hasard et d’argent. L’impulsivité est en effet identifiée comme un facteur prédictif de l’engagement dans des comportements à risque variés à l’adolescence. Une étude a cherché à comprendre les liens entre impulsivité, comportements à risque et déficits des fonctions exécutives, sur un échantillon de près de 400 pré-adolescents (Romer et coll., 2009renvoi vers). Le niveau d’impulsivité était corrélé positivement et fortement à l’initiation de comportements à risque, tels que l’usage d’alcool ou de tabac, les bagarres ou la pratique des jeux de hasard et d’argent. Avoir un haut niveau d’impulsivité à l’âge de 14 ans était un facteur prédictif d’avoir, à l’âge de 17 ans, tant des problèmes de jeu que des symptômes dépressifs (Dussault et coll., 2011renvoi vers). Il semble que l’impulsivité soit un facteur de risque de débuter la pratique des jeux de hasard et d’argent, à condition qu’elle soit associée à des marqueurs d’un bas niveau socioéconomique (parents n’ayant pas fait d’études supérieures et provenant d’une zone défavorisée) (Auger et coll., 2010renvoi vers).

Dépression et anxiété

Jouer peut être un comportement visant à faire disparaître des états émotionnels négatifs et des affects dépressifs. Il s’agit alors d’un comportement ayant valeur de renforcement négatif. Les adolescents joueurs problématiques/pathologiques, plus que les autres, rapportaient des troubles de l’humeur sur l’année écoulée, de type dysphorique ou dépressif (Yip et coll., 2011renvoi vers ; Martin et coll., 2013arenvoi vers). Les liens entre troubles liés à la pratique des jeux de hasard et d’argent et troubles dépressifs étaient bidirectionnels : avoir des symptômes dépressifs à l’âge de 17 ans était un facteur prédictif d’avoir des problèmes de jeu à 23 ans et inversement (Dussault et coll., 2011renvoi vers). La présence de symptômes dépressifs au début de l’adolescence augmentait aussi considérablement le risque d’avoir des troubles liés à la pratique des jeux de hasard et d’argent en fin d’adolescence (Lee et coll., 2011renvoi vers). La pratique des jeux de hasard et d’argent pouvait procurer une illusion de bien-être et permettre de laisser de côté, transitoirement, des idées suicidaires (Shead et coll., 2011arenvoi vers).

Troubles liés à l’usage de substances psychoactives et autres conduites addictives

Les résultats de nombreux travaux concordent : usage de substances psychoactives et pratique des jeux de hasard et d’argent ont tendance à coexister chez les adolescents, suggérant que l’usage de substances psychoactives pourrait être un signe d’alarme pour des problèmes de jeu et inversement (Shead et coll., 2011arenvoi vers). La pratique des jeux de hasard et d’argent chez les adolescents s’accompagne souvent d’autres conduites potentiellement addictives, telles l’usage de tabac, d’alcool ou des substances illicites (Gupta et Derevensky, 1998renvoi vers ; Goudriaan et coll., 2009renvoi vers ; Luder et coll., 2010renvoi vers ; Chaumeton et coll., 2011renvoi vers ; Forrest et McHale, 2012renvoi vers). Plusieurs études ont conclu à l’association plus fréquente de l’usage et des troubles liés à l’usage de substances psychoactives chez les adolescents joueurs par rapport aux adolescents non joueurs (Lynch et coll., 2004renvoi vers ; Martins et coll., 2004renvoi vers ; Barnes et coll., 2011renvoi vers). Chez les adolescents, la pratique problématique/pathologique des jeux de hasard et d’argent est associée à davantage de troubles liés à la consommation de substances psychoactives (dont l’alcool) comparée à la pratique sociale ou l’absence de pratique (Huang et coll., 2007renvoi vers ; Yip et coll., 2011renvoi vers ; Martin et coll., 2013arenvoi vers). Les facteurs de risque des troubles liés à la pratique des jeux de hasard et d’argent et des troubles liés à l’usage de substances psychoactives sont partagés, ce qui explique la prévalence élevée des comorbidités addictives. L’usage de substances psychoactives est d’autant plus important chez les adolescents joueurs que leur pratique des jeux de hasard et d’argent a débuté précocement (Betancourt et coll., 2012renvoi vers).
Si la pratique des jeux de hasard et d’argent est fréquente à l’adolescence, celle des jeux vidéo l’est beaucoup plus encore. Peu de travaux ont cherché à déterminer les liens entre ces deux types de pratique, similaires à certains égards. L’étude menée par Delfabbro et ses collaborateurs concluait que, si la fréquence de l’utilisation des jeux vidéo était liée au jeu pathologique chez les adolescents, l’effet de taille était limité et pouvait être expliqué par la grande popularité de ces jeux dans cette tranche d’âge. L’utilisation des jeux vidéo ne semble donc pas être un facteur de risque de développer une pratique pathologique des jeux de hasard et d’argent (Delfabbro et coll., 2009renvoi vers).

Trouble déficit de l’attention/hyperactivité (TDAH)

Le TDAH est un trouble neuro-développemental se manifestant dès l’enfance, pouvant soit disparaître, soit persister à l’âge adulte dans 40 à 60 % des cas sous une forme plus ou moins atténuée (Groen et coll., 2013renvoi vers). Si les liens entre TDAH et troubles liés à l’usage de substances psychoactives sont bien documentés, les travaux étudiant la comorbidité entre TDAH et jeu pathologique sont plus rares (Derevensky et coll., 2007renvoi vers ; Breyer et coll., 2009renvoi vers ; Faregh et Derevensky, 2011renvoi vers). Les deux troubles partagent pourtant un trait essentiel, l’impulsivité, suggérant ainsi une relation étroite entre eux. Une étude a ainsi conclu que les enfants (7-11 ans) chez lesquels le TDAH était diagnostiqué dans l’enfance et persistait au début de l’âge adulte devenaient plus fréquemment des joueurs problématiques/pathologiques plus tard (18-24 ans) (Breyer et coll., 2009renvoi vers). Selon les auteurs, le TDAH et les problèmes de jeu pourraient être dus à des déficits neurologiques dans les zones cérébrales contrôlant les fonctions exécutives et les capacités d’auto-régulation. La comorbidité TDAH et jeu pathologique chez l’adulte est associée à des facteurs de gravité (sévérité du jeu pathologique, fréquence des comorbidités psychiatriques et addictives, risque suicidaire, haut niveau d’impulsivité) (Grall-Bronnec et coll., 2011renvoi vers).

Troubles des apprentissages

Les troubles liés à la pratique des jeux de hasard et d’argent sont significativement plus fréquents chez les adolescents masculins ayant des troubles des apprentissages par rapport à ceux n’ayant pas de troubles des apprentissages, ceci indépendamment de la coexistence d’autres troubles internalisés (par exemple, la dépression) ou externalisés (par exemple, le TDAH) (Parker et coll., 2013renvoi vers). Les résultats de cette étude allaient cependant à l’encontre de ceux de McNamara et de ses collaborateurs. La comparaison de trois groupes d’adolescents (avec seulement des troubles des apprentissages ; avec des troubles des apprentissages et un TDAH ; sans troubles des apprentissages) ne permettait pas de les différencier au sujet de leur pratique des jeux de hasard et d’argent, même si la présence de troubles des apprentissages était un facteur de risque de développer d’autres comportements à risque comme l’usage de tabac ou de cannabis, la petite délinquance ou des gestes agressifs (McNamara et coll., 2008renvoi vers). Il ne semble donc pas exister de liens robustes entre troubles des apprentissages et troubles liés à la pratique des jeux de hasard et d’argent.

Trouble des conduites, traits de personnalité antisociale et délinquance

Comparés aux adolescents qui ne jouent pas, ceux qui jouent à des jeux de hasard et d’argent s’engagent davantage dans des conduites antisociales (Chaumeton et coll., 2011renvoi vers). À titre d’exemple, avoir des troubles liés à la pratique des jeux de hasard et d’argent, sur Internet ou en réel, majore le risque de détenir une arme (odds ratios : 2,01 et 1,90 respectivement) (Potenza et coll., 2011renvoi vers). Le fait d’avoir eu des comportements agressifs et perturbateurs dans l’enfance et au début de l’adolescence est associé à une plus grande fréquence de la pratique des jeux de hasard et d’argent (odds ratio : 1,89 pour l’adolescence) et des problèmes de jeu à la fin de l’adolescence (odds ratio : 2,60 pour l’enfance et 3,19 pour l’adolescence) (Martins et coll., 2013b). On trouve un lien entre pratique des jeux de hasard et d’argent et comportements externalisés (troubles des conduites, TDAH par exemple) d’une part, et entre troubles liés à la pratique des jeux de hasard et d’argent et trouble des conduites d’autre part (Langhinrichsen-Rohling et coll., 2004arenvoi vers ; Hayatbakhsh et coll., 2012renvoi vers), d’autant plus que les troubles liés à la pratique des jeux de hasard et d’argent apparaissent précocement (avant l’âge de 14 ans) (Barnes et coll., 2011renvoi vers). Ces adolescents américains ayant des troubles liés à la pratique des jeux de hasard et d’argent, plus que les autres, rapportent s’être engagés dans des bagarres violentes ou déclarent avoir porté une arme (Yip et coll., 2011renvoi vers).

Autres comportements à risque, prise de risque et syndrome de comportements problématiques

À la recherche de leurs limites, certains adolescents s’engagent dans des conduites à risque, leur permettant d’éprouver des sensations fortes et répondant à leur désir de nouveauté. On peut aussi parler de dimension ordalique, en ce sens que les adolescents, tout en s’abandonnant au destin par leurs conduites risquées, cherchent aussi de façon paradoxale à garder le contrôle sur leur vie. Ils recherchent le risque en conduisant, en jouant à des jeux de hasard et d’argent, en expérimentant l’usage de substances psychoactives ou en ayant une activité sexuelle à risque.
Parmi les travaux étudiant chez les adolescents les comportements à risque et la pratique des jeux de hasard et d’argent, quelques-uns seulement se sont intéressés au comportement sexuel à risque, indiquant une relation entre ancienneté de l’activité sexuelle, fréquence des rapports sexuels et nombre de partenaires sexuels d’une part, et pratique des jeux de hasard et d’argent, pathologique ou non, d’autre part. Les joueurs problématiques avaient en outre plus de partenaires sexuels au cours des trois derniers mois, n’utilisaient pas de contraception et se prostituaient davantage (Langhinrichsen-Rohling et coll., 2004arenvoi vers ; Blinn-Pike et coll., 2010renvoi vers).

Distorsions cognitives liées au jeu

Les distorsions cognitives liées aux jeux de hasard et d’argent sont des pensées erronées, des erreurs d’appréciation ou de jugement liées à la situation de jeu, et plus spécifiquement au facteur « hasard » qualifiant le jeu de hasard et d’argent. De façon expérimentale, il a été démontré qu’elles étaient présentes chez des sujets n’ayant pas de problèmes de jeu. Si les distorsions cognitives sont communément partagées par les joueurs, elles permettent cependant de différencier joueurs non pathologiques et pathologiques, ces derniers exprimant plus de pensées erronées en situation de jeu. De plus, le degré de conviction dans ces pensées augmente au fil de la séquence de jeu chez les joueurs pathologiques, alors qu’elle diminue chez les joueurs non pathologiques (Ladouceur, 2004renvoi vers). Le lien entre pensées erronées et durée de la séquence de jeu a été démontré (Benhsain et coll., 2004renvoi vers). La théorie socio-cognitive du jeu insiste sur le rôle crucial tenu par les distorsions cognitives (Walker, 1992renvoi vers). Elle postule que la motivation principale du joueur est de gagner de l’argent et que les distorsions cognitives qu’il entretient favorisent la poursuite du jeu, avec l’espoir de « se refaire ». Or les jeux de hasard et d’argent sont conçus de telle sorte que, statistiquement et sur le long terme, les pertes seront toujours supérieures aux gains. On parle dans ce cas d’espérance de gain négative pour le joueur, le plaçant dans un paradoxe cognitif (Ladouceur et coll., 2000crenvoi vers). Selon plusieurs auteurs, un gros gain initial (que les anglo-saxons appellent « big win ») est un élément déterminant dans l’initiation de la pratique des jeux de hasard et d’argent, car se développent à son sujet des distorsions cognitives (« J’ai de la chance, je vais gagner à nouveau », « J’ai gagné car j’ai des compétences, ce n’est pas le hasard »…) (Delfabbro et Thrupp, 2003renvoi vers). De nombreux travaux ont indiqué que les distorsions cognitives liées au jeu participent à l’initiation et à la poursuite d’une pratique pathologique du jeu (Breen et coll., 2001renvoi vers ; Oliveira et Silva, 2001renvoi vers ; Ladouceur, 2004renvoi vers). Par ailleurs, il existe un lien positif entre niveau de distorsions cognitives et sévérité des problèmes de jeu (Breen et coll., 2001renvoi vers ; Xian et coll., 2008renvoi vers ; Emond et Marmurek, 2010renvoi vers). Chez les adolescents, le niveau de distorsions cognitives permet aussi de différencier ceux ayant des troubles liés à la pratique des jeux de hasard et d’argent et les autres (Taylor et coll., 2013renvoi vers).

Facteurs de risque et facteurs de protection liés à la famille : importance de la famille et du milieu, transmission intergénérationnelle

Transmission intrafamiliale des habitudes de jeu

La culture, à travers les valeurs et les croyances qui sont transmises aux membres d’une famille, peut avoir un impact sur le choix des décisions prises par les individus et sur leur évaluation des situations de l’existence, dont l’issue peut être incertaine et imprévisible. À la pratique des jeux de hasard et d’argent, comme à n’importe quel autre comportement social, sont attribuées des significations en référence au contexte dans laquelle elle se déroule. Les valeurs et croyances se transmettent de différentes façons, la première étant la transmission intrafamiliale. Ainsi, la théorie de l’apprentissage social suggère qu’un sujet apprend, imite et perpétue des comportements parce qu’ils sont observables et renforcés, c’est-à-dire suivis de « récompenses » (Bandura, 1977renvoi vers). L’initiation à la pratique des jeux de hasard et d’argent se fait le plus souvent dans le premier cercle familial, dès l’enfance. Une étude menée dans la région de Montréal, portant sur les habitudes de jeu de près de 500 enfants âgés de 9 à 14 ans, a ainsi précisé que parmi ceux qui déclaraient jouer régulièrement, 86 % le faisaient en compagnie d’un membre de la famille, en majorité avec un membre de la fratrie ou avec leurs parents (Gupta et Derevensky, 1997renvoi vers). Dans une étude portant sur une cohorte d’étudiants américains, les joueurs pathologiques probables étaient ceux qui rapportaient le plus souvent avoir des parents eux-mêmes joueurs (Langhinrichsen-Rohling et coll., 2004arenvoi vers).
Le partage d’histoires de jeu, de mythes familiaux, contribue aussi à ce que l’enfant/l’adolescent ait envie d’expérimenter la pratique des jeux de hasard et d’argent (Raylu et Oei, 2004renvoi vers). De plus, les distorsions cognitives semblent se transmettre de génération en génération, entretenant ainsi au sein d’une même famille la pratique des jeux de hasard et d’argent, éventuellement pathologique (Oei et Raylu, 2004renvoi vers).
Les habitudes de jeu s’acquièrent d’autant plus que le regard porté sur la pratique par les parents est tolérant, voire bienveillant (Forrest et McHale, 2012renvoi vers). L’implication des parents dans la pratique des jeux de hasard et d’argent de leurs enfants vaut pour approbation et est associée à une augmentation de la prévalence des habitudes de jeu et du jeu problématique (McComb et Sabiston, 2010renvoi vers). Ainsi, offrir des jeux de hasard et d’argent n’est pas anodin. Une étude a ainsi montré que les adolescents ayant reçu durant l’enfance ou l’adolescence pour cadeau des tickets à gratter rapportaient plus que les autres des symptômes évocateurs d’une pratique problématique des jeux de hasard et d’argent. Par ailleurs, leurs parents désapprouvaient moins la pratique des jeux de hasard et d’argent (Kundu et coll., 2013renvoi vers). Ils transmettent ainsi le message que jouer est une activité socialement acceptable et sans risque, ou alors que ce risque est acceptable, voire valorisé. Ceci est surtout le cas des pères, les mères engageant plus la discussion avec leurs adolescents au sujet du jeu et étant plus attentives à leur éducation (Shead et coll., 2011brenvoi vers).
Avec l’âge, les habitudes évoluent, et la pratique des jeux de hasard et d’argent se déplace vers l’extérieur de la maison, en compagnie des amis (influence du groupe de pairs et poursuite de l’apprentissage social).

Influence de la famille

Hormis leurs habitudes de jeu, les parents peuvent influencer de façon non spécifique des comportements à risque tels que la pratique des jeux de hasard et d’argent chez leurs enfants. Notons ainsi que la qualité de l’attachement parental, reposant en particulier sur la confiance et la communication, est inversement corrélée à la sévérité des problèmes de jeu des adolescents (Magoon et Ingersoll, 2006renvoi vers). De plus, la surveillance parentale « à distance » au sujet des activités de leurs enfants et l’absence de guidance ou de limites définies par les parents est directement et positivement liée à la sévérité des problèmes de jeu chez les adolescents (Magoon et Ingersoll, 2006renvoi vers ; McComb et Sabiston, 2010renvoi vers).
Tant le support apporté par la famille que sa cohésion sont des facteurs protecteurs vis-à-vis des problèmes de jeu pour les adolescents (McComb et Sabiston, 2010renvoi vers ; Casey et coll., 2011renvoi vers). À l’inverse, vivre dans une famille monoparentale ou dans une famille ayant des problèmes est associé à une fréquence accrue de jeu problématique/pathologique chez les adolescents (McComb et Sabiston, 2010renvoi vers ; Yip et coll., 2011renvoi vers).

Antécédents familiaux

Un certain nombre de travaux indiquent que le jeu pathologique apparaît plus fréquemment chez les individus dont les parents ont des habitudes de jeu, a fortiori lorsqu’elles sont problématiques (Lesieur et Klein, 1987renvoi vers ; Lesieur et coll., 1991renvoi vers ; Raylu et Oei, 2004renvoi vers ; Magoon et Ingersoll, 2006renvoi vers). Des études interrogeant les antécédents familiaux de joueurs pathologiques évaluent la prévalence du jeu pathologique chez les parents entre 25 et 40 % (Hardoon et coll., 2004renvoi vers). Les adolescents ayant une pratique problématique/pathologique des jeux de hasard et d’argent ont plus souvent que les autres des parents eux-mêmes joueurs problématiques/pathologiques (Gupta et Derevensky, 1998renvoi vers). Il apparaît aussi que l’occurrence des problèmes de jeu chez des adolescents issus de la population générale est liée à la sévérité des problèmes de jeu chez le père (Vachon et coll., 2004renvoi vers). Par ailleurs, la perception de problèmes de jeu chez les parents, même s’ils ne sont pas réels, constitue un facteur de risque d’une pratique problématique chez l’adolescent (Cronce et coll., 2007renvoi vers).
D’autres antécédents familiaux sont également plus souvent rapportés chez les parents d’adolescents joueurs à risque et problématiques, comme les troubles liés à l’usage de substances psychoactives (McComb et Sabiston, 2010renvoi vers).

Facteurs de risque et facteurs de protection liés à l’environnement social, culturel et économique

Caractéristiques liées à la pratique des jeux de hasard et d’argent

La façon de jouer influence bien évidemment le développement des troubles. Ainsi, jouer fréquemment et à plusieurs types de jeux, engager de grosses sommes (et donc perdre ou gagner beaucoup) sont des facteurs prédictifs de troubles liés à la pratique des jeux de hasard et d’argent (odds ratio entre 2,10 et 2,90) (Cronce et coll., 2007renvoi vers).
Utiliser le support Internet en est un autre. Le fait de jouer sur Internet constitue en soi un risque de développer des problèmes de jeu. On retrouve en effet davantage de joueurs à risque ou problématique chez les adolescents jouant sur Internet par rapport à ceux ne jouant pas sur Internet (Potenza et coll., 2011renvoi vers ; Brunelle et coll., 2012renvoi vers). Les adolescents sont particulièrement vulnérables à l’attrait d’Internet. La principale motivation avancée par les adolescents pour jouer sur Internet concerne l’aspect de compétition, en particulier lorsqu’ils jouent aux cartes (Derevensky et Gupta, 2007renvoi vers). Ainsi, l’essor d’Internet a contribué non seulement à faciliter l’accès à des sites de jeux, mais aussi à induire une nouvelle façon d’être au monde et aux autres, ne facilitant pas le développement des capacités d’autorégulation. Cette technologie de l’information et de la communication est en effet fondée sur l’immédiateté, donnant l’illusion que l’on peut tout avoir, tout de suite, ne permettant pas l’apprentissage de la frustration, de l’attente et de l’anticipation. L’anonymat qu’il procure facilite l’accès des mineurs, qui parviennent à en détourner l’interdiction.
Des travaux européens confirment que la disponibilité des jeux de hasard et d’argent est bel et bien un facteur de risque. Ainsi, en Suisse, pays qui n’applique pas la loi de la même façon sur l’ensemble de son territoire national, la prévalence des problèmes de jeu est plus importante chez les jeunes des cantons francophones, zone géographique où la densité de casinos est la plus forte (Luder et coll., 2010renvoi vers). Une revue récente de littérature indiquait chez les adultes des taux de prévalence des troubles liés à la pratique des jeux de hasard et d’argent variables d’un pays à l’autre, de 0,2 % en Norvège à 5,3 % à Hong Kong (Hodgins et coll., 2011renvoi vers). De tels écarts peuvent certes s’expliquer par des méthodologies d’étude différentes, liées par exemple au choix des instruments d’évaluation ou de la période de référence des troubles, mais aussi par une accessibilité et une disponibilité des jeux de hasard et d’argent tout à fait disparates. Le lien entre les possibilités de jouer et le nombre de joueurs problématiques a été établi depuis longtemps, au travers d’enquêtes épidémiologiques répétées (Ladouceur et coll., 1999renvoi vers ; Raylu et Oei, 2002renvoi vers ; Welte et coll., 2004renvoi vers). Dans ce contexte, Internet constitue un facteur de risque de jeu problématique de par la facilité d’accès aux jeux de hasard et d’argent qu’il procure.
D’autres facteurs contextuels, non spécifiques des adolescents et moins évalués, peuvent aussi être considérés comme des facteurs de risque de développer une pratique problématique des jeux de hasard et d’argent. On citera ainsi la possibilité de payer ses jeux avec une carte de crédit ou la proximité d’un distributeur automatique de billets du lieu où se pratiquent les jeux de hasard et d’argent, ce qui facilite des dépenses plus importantes ; la possibilité de consommer de l’alcool lors d’une séquence de jeu, ce qui diminue l’inhibition et conduit à une pratique de jeu plus intense et plus risquée ; enfin les stratégies de marketing et la publicité, qui activent l’envie de jouer par conditionnement répondant (appelé aussi apprentissage Pavlovien) (Abbott, 2007renvoi vers).

Scolarité, activités extrascolaires

Une étude menée aux États-Unis et ayant évalué des sujets à 10 ans d’intervalle indiquait qu’avoir un bas niveau d’éducation augmentait le risque de développer des problèmes de jeu. L’éducation serait un facteur protecteur, dans la mesure où elle permettrait de développer des capacités d’analyse et de raisonnement particulièrement utiles pour garder de la distance vis-à-vis des distorsions cognitives spécifiques du jeu (Scherrer et coll., 2007renvoi vers). Ce facteur de risque était aussi identifié dans une grande enquête épidémiologique menée en Louisiane et dans l’Illinois (Cunningham-Williams et coll., 2005renvoi vers), et plus récemment dans une étude australienne portant sur de jeunes adultes (Hayatbakhsh et coll., 2012renvoi vers). Avoir de mauvaises performances scolaires semble être un facteur prédictif de troubles liés à la pratique des jeux de hasard et d’argent (Shead et coll., 2011arenvoi vers). À l’inverse, se sentir accepté et intégré dans son environnement scolaire serait un facteur de protection vis-à-vis des problèmes de jeu (Shead et coll., 2011arenvoi vers). Une étude brésilienne a indiqué qu’être déscolarisé au moment de l’évaluation était un facteur associé au jeu problématique/pathologique chez les adolescents âgés de 14 à 17 ans (Spritzer et coll., 2011renvoi vers).
Un autre facteur de risque de développer des problèmes de jeu, du moins chez les sujets de sexe masculin, est relatif à l’occupation du temps non-scolaire. Comparés aux adolescents qui n’ont pas de pratique des jeux de hasard et d’argent, ceux qui en ont une passent plus de temps devant les écrans (pour des activités de jeux vidéo, de TV ou d’Internet) (Chaumeton et coll., 2011renvoi vers). Disposer d’argent est une variable associée à la pratique des jeux de hasard et d’argent, qu’elle soit problématique ou non, chez les très jeunes adultes (Hayatbakhsh et coll., 2012renvoi vers). Chez les adolescents, on constate le même risque : plus ils ont d’argent de poche, plus ils jouent et risquent d’avoir des problèmes de jeu (Forrest et McHale, 2012renvoi vers).

Influence du groupe de pairs et support social

L’apprentissage social est un élément essentiel pour rendre compte de l’apparition et du maintien de certains comportements. Ainsi, et de façon générale, avoir des apparentés ou surtout des amis joueurs est un facteur associé au fait de jouer soi-même (Apinuntavech et coll., 2012renvoi vers). À l’adolescence, l’influence du groupe de pairs est déterminante, d’autant plus que la pratique des jeux de hasard et d’argent est ressentie comme un loisir agréable, excitant, associé à des valeurs positives par les jeunes (Moore et Ohtsuka, 2000renvoi vers). Cette influence se fait sentir dans un second temps, après celle de la famille et des parents en particulier. Elle sera d’autant plus manifeste que les parents ne peuvent assurer une surveillance et un attachement de qualité (Magoon et Ingersoll, 2006renvoi vers). Dans un échantillon d’adolescents, les problèmes de jeu étaient associés à une sensibilité à la pression du groupe de pairs et au fait que les amis jouaient aussi (Langhinrichsen-Rohling et coll., 2004brenvoi vers). Une étude a indiqué que les adolescents vivant sans fratrie à la maison étaient plus à risque d’avoir une pratique des jeux de hasard et d’argent, problématique ou non, probablement liée à la recherche de compagnie en dehors du cercle familial (Forrest et McHale, 2012renvoi vers). Des pairs plus âgés (jeunes adultes en particulier) peuvent avoir une influence négative. Par exemple, appartenir à un club sportif pourrait contribuer à faciliter l’accès aux jeux de hasard et d’argent, puisque l’adolescent sera alors au contact avec des sujets plus âgés, ayant la possibilité d’engager des paris (Moore et Ohtsuka, 2000renvoi vers). Autre exemple, les petits boulots. Outre le fait qu’ils permettent d’obtenir un salaire, ils exposent l’adolescent au risque de fréquenter des adultes et d’adopter leurs comportements et habitudes, dont ceux de jouer (Casey et coll., 2011renvoi vers). Il ne s’agit évidemment pas de dire que pratiquer un sport dans un club ou avoir un petit boulot est dangereux et doit être évité, mais que l’encadrement de l’adolescent doit se faire aussi dans ces domaines-là.
Chez les adolescents, il a été montré qu’un certain nombre de difficultés psychosociales étaient associées à la pratique problématique des jeux de hasard et d’argent (Hardoon et coll., 2004renvoi vers), en particulier la perception d’un étayage familial et d’un support du groupe de pairs insuffisants.

Autres facteurs socioéconomiques et socioculturels

Il existe souvent une confusion de variables entre facteurs socioéconomiques et facteurs socioculturels. C’est dans les segments les plus défavorisés sur le plan socioéconomique que l’on retrouve les plus fortes proportions de sujets ayant des troubles liés à leur pratique des jeux de hasard et d’argent. Être issu d’une famille défavorisée sur le plan économique est un facteur de risque d’avoir des problèmes de jeu pour les jeunes âgés de 11 à 15 ans (Forrest et McHale, 2012renvoi vers).
On peut cependant isoler l’effet de facteurs socioculturels, tels que les croyances religieuses ou spirituelles qui peuvent constituer soit un facteur de protection (caractère immoral du jeu) ou un facteur de risque (croyance à la chance, au destin ou aux pensées magiques). Des travaux ont ainsi indiqué que la religion et les valeurs morales avaient une influence protectrice (Casey et coll., 2011renvoi vers). Dans un pays à forte influence catholique comme le Brésil, ne pas accorder de l’importance à la religion est un facteur associé aux troubles liés à la pratique des jeux de hasard et d’argent chez les adolescents âgés de 14 à 17 ans (Spritzer et coll., 2011renvoi vers). L’effet généralement protecteur de la religion peut cependant être contrebalancé par les contingences économiques. Pour nombre de sujets, tenter sa chance en jouant représente un moyen d’améliorer sa situation financière, d’autant plus que les opportunités d’y parvenir autrement, en particulier par le travail, sont limitées. On observe ainsi une augmentation de la pratique des jeux de hasard et d’argent dans certains pays traditionnellement hostiles aux jeux de hasard et d’argent, comme ceux où la religion musulmane est prédominante, mais frappés par la crise économique depuis de nombreuses années (Raylu et Oei, 2004renvoi vers).
La pratique des jeux de hasard et d’argent est plus fréquente chez les adolescents dont les parents sont d’origine étrangère (Chaumeton et coll., 2011renvoi vers). Les études explorant les troubles liés à la pratique des jeux de hasard et d’argent chez les sujets d’un même pays, mais issus de communautés différentes, indiquent que les taux de prévalence sont plus élevés en cas d’appartenance à une minorité ethnique ou culturelle, qu’il s’agisse des chinois en Australie, des indiens, afro-américains, hispaniques et asiatiques sur le continent Nord-Américain ou encore des maoris en Nouvelle-Zélande (Raylu et Oei, 2004renvoi vers ; Yip et coll., 2011renvoi vers). Dans l’étude menée en Grande-Bretagne auprès d’adolescents de 11 à 15 ans, le fait d’appartenir à un groupe ethnique asiatique était un facteur de risque de jeu problématique (Forrest et McHale, 2012renvoi vers). Ce phénomène pourrait s’expliquer par un statut socioéconomique souvent plus bas, par plus de chômage, par un usage plus important d’alcool, par des traumatismes liés à l’histoire... Des valeurs et croyances culturelles peuvent influencer l’attitude des individus vis-à-vis de la pratique des jeux de hasard et d’argent. Les auteurs évoquent par exemple l’acceptation culturelle de la pensée magique chez les indiens d’Amérique, qui permet aux croyances liées à la chance ou au destin de se généraliser à la pratique des jeux de hasard et d’argent. Ainsi, les chinois reconnaissent dans cette activité un mode de vie à part entière, expliquant sans doute leur forte participation dans les jeux de hasard et d’argent.

Effets néfastes sur la santé et dommages sociaux

Effets néfastes sur la santé à court et long terme

Les troubles liés à la pratique des jeux de hasard et d’argent sont associés à davantage d’usage de substances psychoactives, à la dépression ou la dysphorie et aux comportements agressifs chez les étudiants (Langhinrichsen-Rohling et coll., 2004arenvoi vers ; Yip et coll., 2011renvoi vers ; Apinuntavech et coll., 2012renvoi vers ; Martin et coll., 2013brenvoi vers).
On relève aussi, parmi les effets néfastes, des troubles du sommeil dans les suites de pertes financières dues au jeu et la perception d’un moins bon état de santé (Apinuntavech et coll., 2012renvoi vers). Dans une étude portant sur une population d’étudiants, ceux considérés comme des joueurs pathologiques probables (après la passation du questionnaire SOGS-RA) étaient aussi ceux qui rapportaient le plus de tentatives de suicide (Langhinrichsen-Rohling et coll., 2004brenvoi vers).
On peut aussi évoquer la honte et la culpabilité de jouer, les perturbations dans les relations sociales et au niveau du rythme de vie (Raisamo et coll., 2013renvoi vers).

Dommages individuels et sociaux

Scolarité

Les troubles liés à la pratique des jeux de hasard et d’argent sont associés à de moins bonnes performances académiques chez les étudiants (Yip et coll., 2011renvoi vers). La qualité du travail est altérée par les préoccupations liées au jeu et par les conséquences émotionnelles de la pratique en cas de pertes financières (Shead et coll., 2011arenvoi vers).

Délinquance

En soi, la pratique des jeux de hasard et d’argent est une activité illégale avant la majorité. Au-delà de cette transgression, qui pour la plupart des adolescents n’en est pas une, la banalisation de la pratique la faisant apparaître comme normale, le fait de jouer peut être associé à d’autres activités délictueuses. Ainsi, on peut citer les vols pour financer la pratique des jeux de hasard et d’argent, ce qui constituait un critère diagnostique du jeu pathologique dans le DSM-IV, mais aussi d’autres actes de délinquance (violation répétée des lois, bagarres, vandalisme), le comportement de jeu appartenant alors de façon plus générale au syndrome de comportements problématiques, avec la présence de traits de personnalité antisociale (Shead et coll., 2011arenvoi vers). Il est difficile de préciser le sens du lien entre délinquance et jeu problématique/pathologique. Les vols commis pour financer la pratique des jeux de hasard et d’argent peuvent être considérés comme un dommage, mais peuvent aussi être favorisés par certains traits de personnalité, qui eux-mêmes sont des facteurs de risque de s’engager dans la pratique des jeux de hasard et d’argent.

Principaux outils actuels du repérage précoce en France et à l’étranger

Le rôle des parents dans ce repérage est essentiel. Nous l’avons vu précédemment, une surveillance attentive des adolescents, de leurs activités et de leurs fréquentations protège des risques de s’engager dans la pratique des jeux de hasard et d’argent et de perdre le contrôle (McComb et Sabiston, 2010renvoi vers). Il apparaît que la mère, plus que le père, est consciente de ce risque et impliquée dans les processus de surveillance et de réalisation de mesures de prévention de la pratique des jeux de hasard et d’argent pour leurs enfants (Shead et coll., 2011brenvoi vers). Compte-tenu de cette différence d’attitudes entre pères et mères, des auteurs recommandent d’adapter les programmes de prévention (approche plus générale pour les pères avec informations sur les risques de la pratique des jeux de hasard et d’argent à l’adolescence ; approche plus spécifique pour les mères, visant à mieux surveiller la pratique des jeux de hasard et d’argent de leurs adolescents, évaluer les éventuels problèmes apparaissant et solliciter l’aide la plus appropriée le cas échéant) (Shead et coll., 2011brenvoi vers).
Les parents ont un rôle déterminant dans l’émergence d’une pratique des jeux de hasard et d’argent et dans le développement de troubles liés à cette pratique. En tant que garants de l’éducation et du bien-être de leurs enfants et modèles dans le processus d’apprentissage social, ils doivent « donner l’exemple », être attentifs et pouvoir intervenir en cas de pratique du jeu et de perte de contrôle.
Les pairs ont aussi un rôle à jouer, de même que les enseignants. Malgré une bonne conscience que les adolescents jouent et que cette pratique peut être problématique, leurs enseignants perçoivent cette conduite comme la moins sévère affectant les adolescents, plaçant alors en tête l’usage de substances illicites et la violence à l’école (Derevensky et coll., 2013renvoi vers).
On peut aussi citer les intervenants de première ligne : médecins de famille, infirmières scolaires, éducateurs sportifs… Enfin, les distributeurs de jeu, en particulier ceux de la Française des jeux et du PMU, ont un rôle protecteur essentiel à tenir, en ne permettant pas la vente de jeux de hasard et d’argent à des mineurs et en mettant à disposition de leurs clients des outils d’information sur les jeux et les risques liés à leur pratique.

One item Screen for Problem Gambling

Partant du constat que peu de joueurs problématiques sollicitaient de l’aide auprès des professionnels de santé, certains cliniciens ont souhaité développé un outil permettant aux acteurs de première ligne un dépistage rapide, afin d’adresser dans un second temps, les sujets à risque aux services spécialisés. Une question a été retenue (« Avez-vous déjà eu un problème avec votre pratique des jeux ? »), et testée en population générale lors d’une enquête téléphonique. L’instrument utilisé comme comparateur était l’Indice Canadien du Jeu Excessif (Ferris et Wynne, 2001renvoi vers). Les auteurs rapportaient un taux de faux positifs de 4 % et un taux de faux négatifs de 21 %, et concluaient que le One item Screen for Problem Gambling3 constituait un moyen fiable et rapide d’identifier les problèmes de jeu. À notre connaissance, les propriétés psychométriques de cet instrument n’ont pas été testées en population adolescente.

Lie/Bet Questionnaire

Il s’agit d’un questionnaire à deux items, dérivés des critères diagnostiques de la section « jeu pathologique » du DSM-IV4 . La capacité de ce questionnaire à dépister les problèmes de jeu a été testée auprès de joueurs pathologiques et de sujets contrôles. Les questions posées (« Avez-vous déjà menti à votre famille ou vos amis à propos de l’argent que vous avez dépensé en jouant ? » et « Avez-vous déjà ressenti le besoin de miser toujours plus d’argent ? ») permettent un dépistage rapide, avec une sensibilité qui varie de 0,99 à 1 et une spécificité qui varie de 0,85 à 0,91 en fonction des études (Johnson et coll., 1997renvoi vers et 1998renvoi vers). Une réponse positive suffit à faire évoquer des problèmes de jeu.
Une étude plus récente a testé la validité du Lie/Bet Questionnaire en population générale adulte (n=2 014) et adolescente (n=3 237). En conservant pour cut off au moins une réponse positive, le questionnaire avait une sensibilité et une spécificité élevées. Parmi les adultes et les adolescents, 0,54 % et 5,6 % respectivement étaient identifiés comme joueurs pathologiques probables ou joueurs à risque (Gotestam et coll., 2004renvoi vers). Une autre étude a confronté deux méthodes de dépistage/diagnostic des problèmes de jeu auprès d’une population d’adolescents âgés de 14 à 17 ans. Parmi les adolescents, 2,8 % étaient dépistés par le Lie/Bet Questionnaire, alors que 1,6 % étaient diagnostiqués par le DSM-IV-MR-J (décrit plus loin) (Spritzer et coll., 2011renvoi vers).

South Oaks Gambling Screen (SOGS)

Ce questionnaire5 comprend 16 questions (avec 37 items dont seuls 20 sont cotés), issues des critères diagnostiques de la section « jeu pathologique » du DSM-IIIrenvoi vers. Un score compris entre 0 et 2/20 signe l’absence de problème de jeu, entre 3 et 4 le jeu problématique (ou jeu à risque, ou encore jeu pathologique possible), tandis qu’un score supérieur ou égal à 5 permet d’évoquer le jeu pathologique probable. Le SOGS a longtemps été considéré comme un outil de référence pour l’évaluation des problèmes de jeu. On peut cependant lui reprocher de ne pas comporter de période de référence, avec pour corollaire une surestimation des problèmes de jeu. Le sujet répond en effet en considérant « sa vie entière », alors que bien souvent il a pu résoudre ses difficultés au moment de l’évaluation. Des travaux ultérieurs viennent confirmer que le SOGS est intéressant en population clinique, mais peu approprié en population générale.
Il existe une version adaptée pour la population adolescente, le South Oaks Gambling Screen Revised for Adolescents (SOGS-RA) (Winters et coll., 1993renvoi vers), qui évalue les comportements de jeu et les problèmes liés au jeu sur la période des 12 derniers mois. Plus que sur les emprunts d’argent, l’accent est mis sur la fréquence du comportement de jeu et sur les indices comportementaux. Une analyse factorielle permettait la mise en évidence de deux dimensions : le contrôle sur la pratique des jeux de hasard et d’argent et les conséquences du jeu (Wiebe et coll., 2000renvoi vers). L’interprétation des scores n’est pas consensuelle : on recommandait initialement de conclure à une pratique problématique de jeu pour un score d’au moins 3 (Winters et coll., 1993renvoi vers), puis pour un score d’au moins 4, un score de 2-3 signant une pratique « à risque » (Winters et coll., 1995renvoi vers). Ladouceur et ses collaborateurs suggéraient de retenir le score-seuil d’au moins 5 comme déterminant le jeu pathologique probable (Ladouceur et coll., 2000arenvoi vers).
En population adolescente (631 sujets âgés de 15-17 ans), l’équipe de Ladouceur a comparé l’usage du SOGS-RA à celui d’un entretien clinique basé sur les critères diagnostiques du DSM-IV (Ladouceur et coll., 2005renvoi vers). Sur les 93 joueurs problématiques dépistés avec le SOGS-RA, le diagnostic de jeu pathologique n’a été confirmé que pour 7 sujets par l’entretien clinique. À l’instar du SOGS, la version adaptée pour les adolescents ne peut donc être considérée comme un instrument de diagnostic, dans la mesure où le nombre de faux positifs reste élevé.

Section « Jeu Pathologique » du DSM-IV

Le jeu pathologique est répertorié dans le DSM à partir de sa 3e édition, en 19806 . On assiste depuis lors à une évolution des critères, avec en particulier l’apparition d’items faisant directement référence au concept de dépendance d’un point de vue pharmacologique (critères évoquant le sevrage et la tolérance). Parmi les 10 critères proposés (voir supra : tableau 12.Irenvoi vers), la présence d’au moins 5 est nécessaire pour affirmer le diagnostic de jeu pathologique, tandis que la présence de 3 ou 4 suffit à parler de jeu à risque ou de jeu problématique.
Il existe également une version adaptée pour les adolescents, appelée « DSM-IV Adapted for Juveniles » (DSM-IV-J). Douze questions couvrent 9 domaines du jeu pathologique (préoccupation, tolérance, sevrage et perte de contrôle, fuite, jouer pour se refaire, mensonge et supercherie, actes délictueux, ruptures familiales et scolaires, problèmes financiers). Les questions sont adaptées à l’âge : par exemple, argent détourné du déjeuner à l’école ou du transport scolaire. Un score supérieur ou égal à 4 indique le jeu pathologique probable (Fisher, 1992renvoi vers).
Le DSM-IV Multiple Response-Juvenile (DSM-IV-MR-J) a été proposé pour une utilisation en population non clinique, permettant d’apprécier plus précisément la sévérité du problème : au lieu de réponses binaires, plusieurs options sont offertes pour chacun des 9 domaines explorés. Un score au moins égal à 4 indique le jeu pathologique probable (Fisher, 2000renvoi vers).

Indice Canadien du Jeu Excessif (ICJE)

L’Indice Canadien du Jeu Excessif (ICJE)7 (ou Canadian Problem Gambling Index, CPGI) a été construit pour un usage lors d’études épidémiologiques menées en population générale, de façon à refléter le contexte social et environnemental de la pratique des jeux de hasard et d’argent. Ainsi, sur un ensemble de 31 items, neuf peuvent être cotés pour obtenir le taux de prévalence du jeu excessif, tandis que les autres sont considérés comme des indicateurs associés à la pratique du jeu (types de jeux, fréquence de la pratique, dépenses occasionnées) et des corrélats (par exemple : « a joué sous l’effet de l’alcool ou de drogues », « a joué pour fuir quelque chose de douloureux », « se rappelle avoir gagné une grosse somme d’argent ») (Ferris et Wynne, 2001renvoi vers). L’analyse factorielle indiquait qu’il n’existait qu’une seule dimension fondamentale, « le jeu excessif ». Les 9 items cotés possèdent 4 niveaux de réponse pour chaque question (0 : jamais ; 1 : parfois ; 2 : la plupart du temps ; 3 : presque toujours). Le score se calcule en additionnant les points obtenus à chaque question. Un score de 0 signifie l’absence de problème de jeu, un score de 1-2 signifie des habitudes de jeu à faible risque, qui semblent avoir peu de conséquences négatives, un score de 3-7 signifie des habitudes de jeu à risque modéré, qui ont certaines conséquences négatives, et un score supérieur ou égal à 8 signifie le jeu problématique, qui a des conséquences négatives et peut être hors de contrôle. En raison de sa relative nouveauté, il existe encore peu de travaux sur l’ICJE. Il est, pour certains auteurs, l’instrument le plus adapté aux études épidémiologiques (Young et Stevens, 2008renvoi vers). Sa capacité à discriminer les problèmes de jeu le situe entre le DSM-IV d’une part, et le SOGS d’autre part. L’ICJE a déjà été utilisé en population adolescente (Huang et Boyer, 2007renvoi vers).

Massachusetts Adolescent Gambling Screen (MAGS)

Développé pour évaluer les problèmes de jeu actuels ou passés, chez les adolescents en population générale, il s’agit d’un questionnaire à 26 items évaluant les problèmes biologiques, psychologiques et sociaux présents chez les adolescents en cas de problèmes de jeu8 . Il est constitué de 2 sous-échelles, la sous-échelle « DSM-IV » comportant 12 questions basées sur les critères du DSM-IV, et la sous-échelle « MAGS » comportant 14 questions sur le comportement de jeu.
Les mêmes auteurs ont proposé une version à 7 items (MAGS-7), qui présente l’avantage d’être brève et de correspondre aux critères diagnostiques du DSM-IV. Le score total est dérivé d’une combinaison linéaire des 7 items, chacun multiplié par un « poids » relatif. On parle de jeu à risque lorsque le score est compris entre 0 et 2 et de jeu problématique ou pathologique probable lorsqu’il est supérieur à 2.
Une étude menée chez 1 735 étudiants âgés en moyenne de 16,5 ans, a comparé l’utilisation du MAGS-7 par rapport à un instrument de référence (SOGS-RA) (Langhinrichsen-Rohling et coll., 2004brenvoi vers). La prévalence des problèmes de jeu, évalués par le SOGS-RA, variait en fonction du score-seuil retenu (8,2 % si ≥3 ; 4,8 % si ≥4 et 2,9 % si ≥5). Le taux de prévalence de 4,8 % est celui qui se rapprochait le plus des données de la littérature sur le sujet. La prévalence des problèmes de jeu, évalués par le MAGS-7, était de 1,7 %. La concordance entre les deux instruments était très bonne pour confirmer l’absence de problèmes (82,2 % des sujets identifiés par les 2 instruments), mais mauvaise pour repérer les problèmes de jeu (seuls 28,2 % des sujets étaient identifiés par les 2 instruments comme étant des joueurs à risque ou problématiques).

Canadian Adolescent Gambling Inventory (CAGI)

Il s’agit de l’instrument le plus récent, conçu pour les adolescents et non dérivé d’une version pour l’adulte9 . Son but est de mesurer les problèmes de jeu spécifiques des adolescents, de façon dimensionnelle et non pas catégorielle (Stinchfield, 2011renvoi vers).
Il s’agit d’un auto-questionnaire comportant 45 items et 4 niveaux de réponse par item, avec une partie portant sur la pratique des jeux de hasard et d’argent en elle-même (type de jeu, fréquence de jeu, temps passé à jouer, argent dépensé en jouant) et une autre évaluant la sévérité des troubles liés à la pratique (avec 9 items). Les 5 dimensions explorées sont : la sévérité du problème de jeu, les conséquences psychologiques, les conséquences sociales, les conséquences financières et la perte de contrôle. La période de référence concerne les trois derniers mois.
Il est disponible en version anglaise et française. La stabilité de l’outil dans le temps est bonne, voire excellente, de même que la consistance interne. En utilisant les critères du DSM-IV comme gold standard, la sous-échelle « sévérité du problème de jeu » a une sensibilité de 0,96 et une spécificité de 0,89.
Pour conclure, une revue de littérature a indiqué que le SOGS et le DSM-IV-J ou DSM-IV-MR-J sont les instruments les plus utilisés dans les études portant sur la pratique des jeux de hasard et d’argent chez les adolescents (Blinn-Pike et coll., 2010renvoi vers).

Quelles interventions : du repérage précoce aux soins

Dans de nombreux pays, les recommandations adressées aux autorités de santé insistent sur l’intérêt d’adopter des stratégies de réduction des risques et de diminuer les dommages de la pratique des jeux pour l’individu, sa famille et la société, plutôt que de préconiser la prohibition, non réaliste (Korn, 2000renvoi vers). Rappelons que la pratique des jeux de hasard et d’argent n’est pas légale avant 18 ans, mais existe, de fait.
On parle de façon globale de « réduction des risques » pour aborder la question de la prévention des risques et de la réduction des dommages. La réduction des risques concourt à la promotion de la santé et s’inscrit dans un continuum qui va de la prévention aux soins. Elle vise à aider le sujet à mettre en œuvre des stratégies ayant pour objectif de subir le moins de dommages possibles, avec ou sans poursuite de sa pratique addictive, après qu’il ait fait la balance entre les bénéfices dont il peut jouir en continuant de jouer et les risques auxquels il s’expose (ANPAA, 2012renvoi vers).
Dans de nombreux pays, les taux de prévalence des troubles liés à la pratique des jeux sont plus élevés chez les adolescents par rapport aux adultes, et pourtant les jeunes sont une minorité à chercher de l’aide, témoignant en partie du caractère inadapté des soins traditionnels pour cette population vulnérable (Hardoon et coll., 2003renvoi vers). La plupart des auteurs recommandent une approche pas à pas, en prodiguant les soins les moins intensifs en première intention, en intensifiant l’offre de soins uniquement pour ceux qui le justifient.

Nécessité d’une prise en charge adaptée

Un article de synthèse récent (Stea et Hodgins, 2011renvoi vers) identifie et analyse la place de chaque stratégie de soins chez l’adulte. Il n’en existe pas encore d’équivalent pour l’adolescent. Nous présenterons donc les interventions concernant les adultes, en soulignant quand elles ont été étudiées, voire validées, chez l’adolescent.
Le traitement du joueur pathologique repose avant tout sur les approches psychothérapiques (Blaszczynski et Nower, 2002renvoi vers). Elles constituent les premières modalités de prise en charge décrites, et celles qui occupent encore la première place dans les recommandations émises par les spécialistes du domaine (Korn et Shaffer, 2004renvoi vers).
De l’approche psychanalytique à l’approche cognitive, le panel des interventions est large. Des revues de littérature récentes ont décrit les différentes approches, et des travaux étayent leur efficacité (Hodgins et coll., 2011renvoi vers ; Stea et Hodgins, 2011renvoi vers). Tenant compte tant de l’hétérogénéité clinique et des trajectoires de jeu, de l’ensemble des facteurs de risque du jeu pathologique et de la diversité des modèles théoriques du trouble, l’approche sera intégrative, reposant sur plusieurs types d’interventions concertées (Blaszczynski et Nower, 2002renvoi vers).
À cette étape, il est essentiel de s’interroger sur l’objectif de soins. Comme pour les autres conduites addictives, cet objectif a longtemps été, chez l’adulte, celui d’atteindre l’abstinence, puis de la maintenir. Un nouveau paradigme apparaît au début des années 2000 : celui d’un objectif thérapeutique intermédiaire avec la réduction de la pratique des jeux de hasard et d’argent, qui permet de réduire les dommages.
Selon Ladouceur, le faible taux de joueurs pathologiques réclamant des soins, et à l’inverse le taux élevé de joueurs pathologiques les abandonnant prématurément, pourraient s’expliquer par le dogme de l’abstinence. Ladouceur préconise de laisser les sujets expérimenter la possibilité du contrôle de la pratique, ce qui permettrait d’attirer vers les soins des joueurs pathologiques peu convaincus de leur capacité à obtenir une abstinence complète. Parvenir au contrôle de la pratique augmenterait le sentiment d’efficacité personnelle. À l’inverse, les sujets échouant, mais ayant tenté cette expérience du contrôle, adhèreraient plus facilement dans un second temps à un objectif d’abstinence. Cette stratégie permet une amélioration globale de la qualité de vie (Ladouceur, 2005renvoi vers).
De quoi parle-t-on lorsque l’on vise la réduction de la pratique des jeux de hasard et d’argent ? Il s’agit de la réduction, mais pas de l’élimination du comportement de jeu, concernant trois de ses aspects : la fréquence de jeu, le temps passé à jouer et l’argent dépensé en jouant. Plusieurs essais attestent d’une part que cet objectif de soins est réaliste et, d’autre part, qu’il permet une réelle amélioration de la qualité de vie du joueur problématique/pathologique (Blaszczynski et coll., 1991renvoi vers ; Robson et coll., 2002renvoi vers ; Dowling et coll., 2009renvoi vers ; Ladouceur et coll., 2009renvoi vers ; Slutske et coll., 2010renvoi vers). Il convient juste de bien repérer les sujets les plus accessibles à cet objectif et de proposer les mesures thérapeutiques appropriées.
La question de l’objectif de soins est d’autant plus importante chez l’adolescent que celui-ci est peu demandeur de soins : davantage que l’adulte, il a tendance à sous-estimer la sévérité de ses problèmes, à penser qu’il pourra les contrôler seul, à croire qu’ils pourront se résoudre spontanément, à se sentir à la fois invulnérable et coupable, enfin à avoir une perception négative des soins et de toute modalité de psychothérapie (Hardoon et coll., 2003renvoi vers). Il est alors important de fixer avec lui des objectifs minimalistes mais réalistes, qui seront réévalués de façon rapprochée (Derevensky et coll., 2011renvoi vers).

Thérapies « on-line » ou « e-thérapies »

On assiste depuis une dizaine d’années au développement, dans le champ des conduites addictives, de la thérapie online ou e-thérapie. Plus qu’un type de thérapie, il s’agit d’une modalité, nouvelle, en plein essor et attractive pour des patients accédant difficilement aux soins. Le medium Internet assure un parfait anonymat, qui n’est pas pour déplaire aux sujets souffrant d’une timidité maladive, d’une fragilité narcissique ou simplement honteux de leur conduite addictive. Il paraît moins effrayant et intimidant, puisqu’il permet d’éviter une confrontation directe avec les autres (Gainsbury, 2011renvoi vers). Il annule surtout les distances et rapproche virtuellement le patient de son thérapeute. En résumé, Internet fait tomber les barrières entre un sujet en souffrance et des possibilités d’aide. Une étude conclut aussi qu’Internet est une façon de trouver de l’aide pour résoudre ses problèmes personnels (Gainsbury, 2011renvoi vers). Il semble cependant que les interventions par Internet (conseils) aient moins d’impact que celles menées par téléphone, qui génèrent une meilleure alliance thérapeutique et une moindre résistance (Gainsbury, 2011renvoi vers).
Les travaux évaluant leur intérêt sont encore peu nombreux en matière de jeu problématique/pathologique (Gainsbury et Blaszczynski, 2011renvoi vers), mais le support thérapeutique en ligne est perçu par les adolescents et jeunes adultes comme utile et acceptable et a fait la preuve de son efficacité pour réduire la consommation de tabac et les alcoolisations massives.
Il semble pertinent de développer ce type d’intervention pour permettre aux jeunes de prendre conscience de leurs problèmes de jeu et de parvenir à un meilleur contrôle de la pratique, et ainsi de diminuer les dommages (Monaghan et Wood, 2010renvoi vers). Des programmes de thérapie en ligne pour les adultes présentant des troubles liés à leur pratique des jeux de hasard et d’argent existent en Australie, en Nouvelle-Zélande, au Canada, en Finlande, en Norvège, en Suède, en Allemagne et en Grande-Bretagne. Les résultats de ces programmes sont positifs, même si nous n’avons pas beaucoup de recul pour en juger (Gainsbury, 2011renvoi vers).

Auto-support, interventions brèves, entretiens motivationnels

Il s’agit des interventions requérant le moins de ressources soignantes, pouvant se dérouler en une seule session, ou encore sous forme de groupes d’auto-support. On y inclut les « Self-help treatments ». Ces différentes interventions s’appuient sur des approches comportementales et/ou cognitives et sur les thérapies brèves (approches solutionnistes, qui visent à s’appuyer sur les ressources du patient pour répondre de manière appropriée aux situations qu’il rencontre ; entretiens motivationnels, qui visent à augmenter la motivation intrinsèque du patient pour qu’il mette en œuvre un changement) (Stea et Hodgins, 2011renvoi vers).

Auto-support (« Self-help treatments »)

Sous forme de manuels, de support audio ou vidéo et utilisant le medium Internet, les « Self-help treatments » s’adressent particulièrement aux joueurs problématiques/pathologiques qui ont du mal à accéder aux soins pour les motifs évoqués précédemment ou qui ne justifient pas de soins plus étayants en raison d’une moindre sévérité de leurs problèmes (Raylu et coll., 2008renvoi vers).
Les « Self-help treatments » ont donné lieu à peu de travaux à ce jour. L’étude menée par Labrie et ses collaborateurs constitue en ce sens un travail intéressant puisqu’il fait la démonstration de l’efficacité d’une mesure simple (sous forme d’une « boîte à outils » en version papier, pouvant être accompagnée d’un guide d’utilisation). Lors d’une évaluation réalisée à court terme, les outils mis à disposition des joueurs problématiques/pathologiques leur permettaient de s’abstenir de jouer (Labrie et coll., 2012renvoi vers).

Repérage précoce-intervention brève (RPIB)

Le RPIB existe surtout dans le champ des troubles liés à l’usage d’alcool, mais son principe peut être étendu aux troubles liés à la pratique des jeux de hasard et d’argent. Il s’adresse de façon large aux sujets à risque de présenter une pratique excessive des jeux de hasard et d’argent et doit être réalisé par les acteurs de santé de première ligne, en particulier les médecins généralistes. Ces derniers doivent être alertés, face à un patient adulte, par des plaintes telles que des céphalées, des troubles du sommeil, des symptômes dépressifs ou anxieux et interroger les patients sur leur pratique des jeux de hasard et d’argent. Chez l’adolescent, les signes d’alerte peuvent être les mêmes, mais aussi concerner la chute des résultats scolaires.
Un outil de dépistage des problèmes de jeu pourra alors être utilisé (par exemple le Lie/Bet Questionnaire de Johnson et coll., 1997renvoi vers). En cas de dépistage, on peut suivre les étapes de l’intervention brève, synthétisées par l’acronyme FRAMES (tableau 12.IVrenvoi vers).

Tableau 12.IV Étapes de l’intervention brève

1. Restituer les résultats du test de repérage au patient (ou Feed-back)
2. Responsabiliser (le changement de comportement appartient au patient, non au thérapeute)
3. Donner un conseil de modération (ou Advice)
4. Évoquer avec le patient les modifications possibles de sa pratique des jeux de hasard et d’argent (ou Menu)
5. User de bienveillance, ne pas juger (ou Empathy)
6. Laisser le patient acteur de son changement et l’encourager dans ce sens (ou Self-efficacity)
Encore très peu développé en France en matière de jeu, le RPIB a donné lieu à quelques travaux chez l’adulte, à l’étranger, qui attestent de son intérêt (Robson et coll., 2002renvoi vers ; Tolchard et coll., 2007renvoi vers ; Petry et coll., 2008renvoi vers). Si son but n’est pas d’arrêter la pratique excessive des jeux de hasard et d’argent, le RPIB permet néanmoins de réduire les sommes d’argent perdues, le temps passé à jouer et la fréquence de jeu.
Chez l’adolescent, l’intervention brève a montré son efficacité par rapport à l’absence d’intervention et elle est souvent plus efficace qu’une intervention plus longue. Une étude menée auprès d’adolescents joueurs problématiques concluait aussi qu’une intervention brève de 10 minutes, comparée à une absence d’intervention, produisait un effet significatif, avec une diminution de la sévérité des problèmes de jeu et une diminution de la fréquence de jeu et du montant des sommes misées 9 mois après (Petry et coll., 2009renvoi vers).

Entretiens motivationnels

Méthode de communication directive, centrée sur la personne, les entretiens motivationnels visent au changement de comportement par l’exploration et la résolution de l’ambivalence du sujet. Il s’agit d’outils ayant montré des résultats prometteurs dans les autres formes d’addictions.
En matière de pratique des jeux de hasard et d’argent, les entretiens motivationnels servent le plus souvent d’amorce à des thérapies plus structurées et longues, afin d’en améliorer l’efficacité et d’augmenter le taux de rétention (Whelam et coll., 2007renvoi vers). De plus, leur efficacité propre a été testée en les comparant à différentes formes de prises en charge. Un essai a ainsi conclu que 4 sessions d’entretiens motivationnels étaient aussi efficaces que 8 sessions de thérapie cognitivo-comportementale (TCC) en groupe (Carlbring et coll., 2010renvoi vers). Le nombre d’entretiens motivationnels proposés dans les essais varie, et il semble même qu’un seul suffise à produire un effet bénéfique chez des sujets ayant une pratique des jeux de hasard et d’argent à risque modéré (Diskin et Hodgins, 2009renvoi vers).
Ce type d’intervention est particulièrement pertinent pour les adolescents ; il peut s’agir d’une seule intervention de 50 minutes, fondée sur l’approche motivationnelle et incluant des conseils personnalisés sur le comportement de jeu, une balance décisionnelle, la manière d’adapter la pratique des jeux de hasard et d’argent aux objectifs de vie personnels, ainsi qu’un plan d’action rempli avec l’intervenant (Petry et coll., 2009renvoi vers). Dans cette étude menée auprès d’adolescents joueurs problématiques, un seul entretien motivationnel était plus efficace qu’aucune intervention, et produisait 9 mois après une diminution significative de la sévérité des problèmes de jeu, de la fréquence de jeu et du montant des sommes misées. Les entretiens motivationnels peuvent être réalisés par téléphone (Hodgins et coll., 2004renvoi vers).

Gamblers Anonymous (G.A.)

Les groupes de G.A., très répandus et populaires dans les pays anglo-saxons, s’inspirent directement des principes spirituels et de la tradition des Alcooliques Anonymes. Le jeu pathologique est une maladie qui, selon ces principes, ne peut jamais guérir, seulement s’interrompre par une abstinence totale du joueur. Les groupes, qui suivent les 12 étapes, sont animés par des volontaires eux-mêmes anciens joueurs problématiques/pathologiques. Malgré leur popularité, on retrouve peu de travaux dans la littérature confirmant leur intérêt. Si les joueurs problématiques/pathologiques affiliés aux G.A. semblent mieux s’en sortir que les autres, cette modalité de prise en charge est cependant moins efficace que les TCC (Stea et Hodgins, 2011renvoi vers). Ces groupes seraient surtout intéressants pour les sujets ayant les formes de jeu problématique/pathologique les plus sévères et pour prévenir le risque de rechutes. En France, on dénombre très peu de groupes de G.A. Pour être utile aux adolescents, ce type de groupe doit être adapté : l’objectif d’abstinence prôné peut sembler inatteignable et être alors particulièrement dissuasif, de même que l’ambiance vécue parfois comme oppressante (Caillon et coll., 2012renvoi vers).

Approches psychanalytiques et psychodynamiques

Il s’agit de thérapies individuelles ou de groupe, au long cours, reposant sur le cadre psychanalytique ou sur les thérapies psychodynamiques plus récemment développées. En réponse aux théories psychanalytiques du jeu pathologique, leur but est de résoudre les conflits inconscients et de réduire la pratique des jeux de hasard et d’argent en augmentant les capacités d’introspection (« insight »). Elles ne découlent pas de recommandations ou de protocoles de soins ou de manuels codifiés et n’ont pas donné lieu à des études contrôlées permettant de conclure de façon scientifique à leur efficacité (Stea et Hodgins, 2011renvoi vers).

Thérapies comportementales et/ou cognitives (TCC)

Elles s’appuient sur les théories comportementales, cognitives et socio-cognitives du jeu pathologique, qui conceptualisent le trouble comme un comportement appris selon les différents modèles d’apprentissage (opérant, répondant et social), se reproduisant en raison de l’apparition de différents renforcements (renforcements positifs : plaisir, excitation, espoir de gain, relations sociales et renforcements négatifs : disparition des émotions négatives, de l’ennui, recherche d’une dissociation), et du développement de distorsions cognitives liées au jeu (superstitions, illusion de contrôle, biais d’interprétations…). Utilisées exclusivement ou conjointement, les thérapies comportementales et cognitives reposent sur les techniques usuelles dans ce type d’approches. Au fil du temps, les thérapies comportementales se sont enrichies d’une approche cognitive, plus ou moins centrées sur les distorsions cognitives liées au jeu. L’objectif premier des TCC est d’augmenter la conscience du joueur à propos de ses pensées et du lien entre ses pensées, ses émotions et ses comportements. Elles se focalisent essentiellement sur la reconnaissance des distorsions cognitives spécifiques et sur leur correction, sur le renforcement des comportements non liés au jeu et sur la prévention de la rechute. Le volet cognitif inclut la modification des croyances fondamentales et la restructuration cognitive, ainsi que les stratégies contribuant à faire face aux envies impérieuses de jouer, en particulier lors de l’exposition à des stimuli déclenchant le craving, et aux émotions négatives. Le volet comportemental inclut les stratégies décrites précédemment (Stea et Hodgins, 2011renvoi vers). Depuis plus de 20 ans, des manuels codifiant les thérapies comportementales et/ou cognitives ont été publiés. Les plus usités sont ceux associant un volet comportemental et un volet cognitif (Ladouceur et coll., 2000brenvoi vers ; Petry, 2005renvoi vers ; Raylu et Oei, 2010renvoi vers).
Il n’existe pas de protocoles de thérapie empiriquement validés chez les adolescents souffrant de jeu problématique/pathologique. Les quelques études publiées sont critiquables, compte-tenu de leur effectif insuffisant ou de faiblesses méthodologiques (Derevensky et coll., 2011renvoi vers).
Néanmoins, on peut retenir 5 composantes essentielles à développer : information générale sur les jeux de hasard et d’argent et leur pratique ; interventions cognitives et stratégiques ; entraînement à la résolution de problèmes ; prévention de la rechute ; entraînement aux compétences sociales (Ladouceur et coll., 1994renvoi vers).
Il est aussi essentiel d’analyser les séquences de jeu, d’aider l’adolescent à réduire progressivement le comportement de jeu dans sa fréquence et/ou sa durée, d’identifier les situations à risque pour adopter des comportements alternatifs (par exemple, avoir moins d’argent liquide sur soi), de comprendre les motivations du jeune joueur et les causes de son anxiété, de sa dépression ou de son stress de façon générale, d’évaluer et d’améliorer les stratégies de coping, de reconstruire des relations interpersonnelles plus saines, d’occuper les temps libres autrement qu’en jouant… (Derevensky et coll., 2011renvoi vers).

Thérapies familiales

Les dommages du jeu problématique/pathologique ne concernent pas que le joueur, mais aussi ceux qui l’entourent. La plupart des adolescents vivent encore chez leurs parents. Quelques approches familiales spécifiques ont été décrites : l’approche CRAFT (Community Reinforcement and Family Training) (Miller et coll., 1999renvoi vers) ou le programme de psycho-éducation ETAPPE, qui permet de diminuer la détresse psychologique des proches de joueurs problématiques/pathologiques (Buchner et coll., 2012renvoi vers). À l’heure actuelle, ces approches n’ont pas été évaluées.

Traitements médicamenteux

À ce jour, aucune molécule n’a obtenu d’autorisation de mise sur le marché en France ou ailleurs (Grant et coll., 2010arenvoi vers). Néanmoins, la recherche pharmacologique en matière de jeu pathologique existe depuis plus de 10 ans. Un article de synthèse très récent recensait 18 essais thérapeutiques menés en double aveugle et contre placebo, testant des molécules ayant aussi fait l’objet d’études dans le cadre des addictions à des substances psychoactives (Hodgins et coll., 2011renvoi vers). On retrouve ainsi des molécules déjà testées dans le vaste champ des addictions : les antagonistes des récepteurs opiacés (Kim et Grant, 2001renvoi vers ; Kim et coll., 2001renvoi vers ; Grant et coll., 2006renvoi vers, 2008renvoi vers et 2010brenvoi vers), les antidépresseurs (Hollander et coll., 2000renvoi vers ; Blanco et coll., 2002renvoi vers ; Kim et coll., 2002renvoi vers ; Grant et coll., 2003renvoi vers ; Black, 2004renvoi vers ; Saiz-Ruiz et coll., 2005renvoi vers), les thymorégulateurs (Pallanti et coll., 2002renvoi vers ; Hollander et coll., 2005arenvoi vers ; Fong et coll., 2008renvoi vers) et les modulateurs glutamatergiques (Dannon et coll., 2005renvoi vers ; Grant et coll., 2007renvoi vers ; Zack et Poulos, 2009renvoi vers ; Grant et coll., 2010arenvoi vers ; Berlin et coll., 2013renvoi vers). Dans l’ensemble, l’effet de ces molécules est supérieur à celui du placebo, même si l’effet est relativement faible, en raison probablement d’un effet placebo rapporté particulièrement fort (Hodgins et coll., 2011renvoi vers).
Ces essais présentent des biais, qui réduisent la portée des résultats : effectif insuffisant, période de suivi trop courte, critères d’exclusion trop restrictifs, taux de sujets placebo-répondeurs très élevé. L’efficacité des molécules est globalement assez limitée, sauf celle des antagonistes des récepteurs opiacés. Par ailleurs, les modulateurs glutamatergiques semblent prometteurs. Tenant compte de l’hétérogénéité des profils cliniques des joueurs pathologiques, les recherches actuelles visent à définir la meilleure stratégie thérapeutique en fonction de caractéristiques particulières (Hollander et coll., 2005brenvoi vers ; Grant et Kim, 2006renvoi vers ; Achab et Khazaal, 2011renvoi vers ; Hodgins et coll., 2011renvoi vers). Enfin, l’efficacité comparée des approches médicamenteuses, psychothérapiques et conjointes mériterait d’être évaluée.
En conclusion, la première enquête évaluant les niveaux de pratique des jeux de hasard et d’argent chez les adolescents en France confirme que cette activité est largement répandue dans cette population et qu’elle peut entraîner des problèmes chez un certain nombre. Une dérive addictive de la pratique des jeux de hasard et d’argent survient lorsque les vulnérabilités individuelles et socio-environnementales interagissent. Il est important de pouvoir repérer les sujets les plus à risque et de dépister les troubles avant qu’ils ne s’installent durablement et entraînent des dommages. Des outils d’évaluation existent pour cela. Les interventions et modalités de soins seront adaptées à l’individu, en fonction de la sévérité de ses troubles et de sa singularité.

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