II. État des lieux en matière de nutrition

2014


ANALYSE

5-

Méthodes et outils d’évaluation de l’activité physique et de la sédentarité

Les politiques de santé publique visant la réduction des inégalités sociales de santé en lien avec l’activité physique impliquent de connaître la situation dans la population, en particulier au regard des recommandations diffusées. La surveillance des comportements en lien avec la sédentarité et l’activité physique est une composante importante de l’approche de santé publique pour promouvoir un mode de vie actif. Les données de prévalence, leur distribution et leur évolution dans le temps contribuent à mieux appréhender les comportements et évaluer l’impact collectif des actions destinées à favoriser l’activité physique et limiter la sédentarité.

Définitions de l’activité physique et du comportement sédentaire

La définition de l’activité physique proposée par Caspersen, en 1985, est aujourd’hui largement reprise : « ensemble des mouvements corporels produits par la mise en action des muscles squelettiques et entraînant une augmentation substantielle de la dépense énergétique au-dessus du métabolisme de repos » (Caspersen et coll., 1985renvoi vers). L’expression « activité physique favorable à la santé » est souvent utilisée pour évoquer les bienfaits de l’activité physique sur la santé. Par cette expression, il faut entendre toute forme d’activité physique qui améliore la santé et la capacité fonctionnelle sans dommage ni risque excessif (HEPA Europe1 ).
Reconnue comme un comportement distinct du comportement d’activité physique, la sédentarité a ses propres effets sur la santé (Owen et coll., 2000renvoi vers ; Hamilton et coll., 2007renvoi vers ; Te Velde et coll., 2007renvoi vers ; Katzmarzyk et coll., 2009renvoi vers). Ainsi, le comportement sédentaire a des effets délétères sur la santé indépendamment du niveau d’activité physique pratiqué (Healy et coll., 2008arenvoi vers).
Le comportement sédentaire se caractérise par des activités qui entraînent une dépense énergétique proche de celle du repos (1-1,5 METs, Metabolic Equivalent Task), et il inclut des activités telles que dormir, être assis, être allongé, regarder la télévision, et les autres formes de loisir-écran (Pate et coll., 2008renvoi vers). Au cours des dernières années, dans de nombreuses études, l’attention s’est portée sur les activités physiques dites d’intensité modérée2 (Ainsworth et coll., 2011renvoi vers) et les personnes ont été considérées comme sédentaires par défaut (par exemple, faible pratique d’activité physique), et non par rapport à une mesure de leur comportement sédentaire. Dans ces études, les valeurs seuils utilisées pour définir la sédentarité étaient très variables selon les études, allant de 20 minutes à 150 minutes d’activité physique par semaine, avec peu de précision sur le type d’activité et son intensité (Bennett et coll., 2006renvoi vers). Par exemple, Paffenbarger et coll. ont défini les personnes sédentaires comme étant celles qui dépensaient moins de 2 000 kcal par semaine dans des activités d’au moins 3,5 METs, autres que celles liées au travail (Paffenbarger et coll., 1993renvoi vers). Bernstein et coll. ont proposé de considérer les personnes comme sédentaires si elles dépensaient moins de 10 % de leur dépense énergétique quotidienne dans des activités physiques d’intensité modérée ou élevée (≥4 METs) (Bernstein et coll., 1999renvoi vers), équivalent à 3 heures d’activité physique de type endurance par semaine. Ainsi, dans la plupart des études, les personnes qui n’atteignaient pas le niveau d’activité physique recommandé (voir ci-dessous) étaient perçues comme sédentaires ; aucune distinction n’était donc faite entre les activités sédentaires, au sens dépense énergétique proche de celle du repos, et les activités d’intensité légère.
Or des comportements non pris en compte dans les mesures habituelles de l’activité physique et correspondant à des activités d’intensité au moins modérée, participent à la dépense énergétique non liée à l’exercice (NEAT, Non-Exercise Activity Thermogenesis)3 (Levine, 2004arenvoi vers et brenvoi vers). Celle-ci peut représenter une proportion importante de la dépense énergétique quotidienne, voire être sensiblement plus importante que la somme des activités d’intensité modérée à vigoureuse liées à l’exercice (Hamilton et coll., 2007renvoi vers). En conséquence, des auteurs suggèrent que le comportement sédentaire devrait être mesuré en tant que tel au lieu d’être défini par le manque d’activité physique (Spanier et coll., 2006renvoi vers ; Rosenberg et coll., 2008renvoi vers), d’autres soulignent la nécessité de distinguer les activités sédentaires des activités d’intensité légère pour évaluer leurs effets respectifs sur la santé (Pate et coll., 2008renvoi vers).
Cependant, en 1996, Dietz a écrit que l’expression « activité sédentaire » était un oxymore et que le terme d’« inactivité » était plus approprié pour caractériser le comportement sédentaire. Ainsi, le terme « inactivité » a été introduit et défini comme un état dans lequel les mouvements corporels sont moindres (Dietz, 1996renvoi vers) et dont la dépense énergétique est proche de celle de repos (Ainsworth et coll., 1993renvoi vers ; Dietz, 1996renvoi vers). Cette définition de l’inactivité est celle retenue aujourd’hui pour définir la sédentarité (Pate et coll., 2008renvoi vers). Dans ce contexte, les termes sédentarité et inactivité physique ont été souvent utilisés et sont encore utilisés de façon interchangeable, comme s’il n’y avait pas de différence. Or, au sens strict, une personne physiquement inactive n’est pas en mesure d’agir ou de fournir un effort, elle n’est pas participative (exemples : sommeil, comas, anesthésie) (Ricciardi, 2005renvoi vers). Malgré cette définition de l’inactivité, la littérature anglo-saxonne actuelle utilise le terme d’« inactivité physique » pour un niveau d’activité physique inférieur à celui des recommandations de santé publique. Dans certaines études, les auteurs ont même considéré une personne comme inactive si elle ne s’engageait pas dans des activités physiques de loisirs, en dehors de son travail (Nelson et coll., 2002renvoi vers ; Ham et coll., 2004renvoi vers).
Une confusion persiste donc entre les termes inactivité et sédentarité, ce qui nécessite de bien préciser leur sens donné selon les auteurs et de clarifier leur définition (Réseau de recherche sur le comportement sédentaire, 20124 ).

Recommandations sur l’activité physique et la sédentarité en France et à l’étranger

Les premières recommandations de santé publique parues en 1995 (Pate et coll., 1995renvoi vers) reposent sur un vaste corpus de preuves et de consensus (les premières études datent des années 1950) liant un mode de vie physiquement actif à la baisse des taux de morbidité et de mortalité (Vuillemin, 2011renvoi vers).
En France, dans le Programme national nutrition santé (PNNS), il est recommandé de pratiquer l’équivalent d’au moins 30 minutes de marche rapide par jour pour les adultes et au moins 1 heure par jour pour les enfants et adolescents5 .
À l’échelle internationale, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande des niveaux d’activité physique selon trois classes d’âge (5-17 ans, 18-64 ans, 65 ans et plus) (OMS, 2010renvoi vers). En résumé, les enfants et les adolescents devraient accumuler au moins 60 minutes par jour d’activité physique d’intensité modérée à soutenue. Des activités d’intensité soutenue, notamment celles qui renforcent le système musculaire et l’état osseux, devraient être incorporées au moins trois fois par semaine. Les adultes âgés de 18 à 64 ans devraient pratiquer, par semaine, au moins 150 minutes d’activité d’endurance d’intensité modérée ou au moins 75 minutes d’activité d’endurance d’intensité soutenue, ou une combinaison équivalente d’activité d’intensité modérée et soutenue. Les périodes d’activité doivent être d’au moins 10 minutes d’affilée et l’activité physique d’intensité modérée à vigoureuse doit s’ajouter aux activités de routine. Il est également recommandé de pratiquer des activités de renforcement musculaire au moins deux fois par semaine. Pour les personnes de plus de 65 ans, les recommandations sont identiques à celles des adultes de 18 à 64 ans avec une précision pour les personnes dont la mobilité est réduite : il leur est recommandé de pratiquer au moins trois fois par semaine une activité physique visant à améliorer l’équilibre et à prévenir les chutes.
Il existe un consensus international sur les recommandations publiées par l’OMS mais la question de leur transférabilité à d’autres pays que les États-Unis, notamment européens, persiste dans la mesure où elles ont initialement été établies aux États-Unis (Oja et coll., 2010renvoi vers). Le Canada est l’un des rares pays à avoir publié des recommandations6 concernant l’activité physique pour chacune des tranches d’âge de la vie : petits (0-4 ans), enfants (5-11 ans), adolescents (12-17 ans), adultes (18-64 ans) et aînés (65 ans et plus) mais également pour l’activité sédentaire pour certaines tranches d’âge (petits, enfants, adolescents). Par exemple, il est stipulé pour les petits que : « Pour favoriser une croissance et un développement sains, les nourrissons (âgés de moins de 1 an) devraient être physiquement actifs plusieurs fois par jour, particulièrement par l’entremise de jeux interactifs au sol. Les tout-petits (âgés de 1-2 ans) et les enfants d’âge scolaire (3-4 ans) devraient être physiquement actifs chaque jour, quelle que soit l’intensité, pendant au moins 180 minutes réparties sur toute la journée » (Tremblay et coll., 2012arenvoi vers).
Les recommandations sur l’activité physique ont aussi été traduites en équivalent nombre de pas par jour pour différentes populations : enfants et adolescents, adultes, personnes âgées et populations particulières (en situation de handicap, malades chroniques). Pour les adultes, l’équivalent des 30 minutes de marche rapide correspond à 3 000-4 000 pas (Tudor-Locke et coll., 2011crenvoi vers). Pour traduire fidèlement les recommandations de santé publique, la marche doit être d’intensité au moins modérée, et être accumulée par période de 10 minutes d’affilée, soit au moins 1 000 pas à une cadence de 100 pas par minute (Marshall et coll., 2009renvoi vers). De plus, ces 3 000 à 4 000 pas doivent être réalisés en plus des activités de la vie quotidienne pour atteindre un total de 10 000 pas par jour (Tudor-Locke et coll., 2011crenvoi vers). Une traduction appropriée de ces recommandations n’est, à ce jour, pas disponible pour les personnes âgées et les populations particulières (Tudor-Locke et coll., 2011arenvoi vers). En effet, les personnes âgées les plus sédentaires et les personnes vivant avec un handicap ou une maladie chronique peuvent être plus limitées dans leurs activités quotidiennes. Pour les plus jeunes, la recommandation minimale correspondant à 60 minutes d’activité physique d’intensité modérée à vigoureuse correspond à 6 000 pas. En termes de nombre total de pas par jour, cela se traduit par 10 000 à 14 000 pas par jour chez les enfants de 4 à 6 ans (d’âge préscolaire aux États-Unis), 13 000 à 15 000 pas par jour chez les garçons en école primaire/élémentaire, 11 000 à 12 000 pas par jour chez les filles en école primaire/élémentaire et 10 000 à 11 700 pas par jour chez les adolescents (Tudor-Locke et coll., 2011brenvoi vers).
En complément des bénéfices associés à une activité physique d’intensité au moins modérée chez l’adulte, la promotion d’une activité physique de faible intensité pourrait permettre de réduire le temps d’activité sédentaire et de diminuer les conséquences délétères sur la santé d’un comportement sédentaire (Healy et coll., 2007renvoi vers). Même si les valeurs seuils de dépense énergétique permettant de caractériser l’activité sédentaire ne sont pas encore très bien définies, il existe suffisamment d’évidence scientifique pour inciter les personnes à réduire leur temps d’activité sédentaire. Ainsi, en parallèle à la promotion de l’activité physique, quelle que soit son intensité, il est également diffusé des recommandations visant à limiter et à fractionner le temps passé à des activités sédentaires. Il est, par exemple, recommandé d’éviter les périodes assises prolongées, sans interruption (Dunstan et coll., 2012renvoi vers). Chez les jeunes, il est recommandé de limiter le temps passé devant un écran à moins de 2 heures par jour (Strong et coll., 2005renvoi vers). Pour les tout-petits, les recommandations canadiennes stipulent que « Les enfants ne devraient pas être immobilisés ou assis (par exemple, dans une poussette ou une chaise) pendant plus d’une heure. Chez les moins de 2 ans, il est recommandé de ne pas les exposer à des écrans (télévision, ordinateur, jeux vidéo). Chez les enfants de 2 à 4 ans, le temps passé devant un écran devrait être limité à moins d’une heure par jour » (Tremblay et coll., 2012brenvoi vers).

Bénéfices associés à l’activité physique et effets délétères de la sédentarité

Les bénéfices associés à la pratique d’une activité physique sont nombreux et largement démontrés tant en termes de réduction de la mortalité que de réduction de la morbidité (U.S Department of Health and Human Services, 1996renvoi vers ; Inserm, 2008renvoi vers ; Physical Activity Guidelines Advisory Committee, 2008renvoi vers). L’activité physique diminue le risque d’être atteint de plus de 25 pathologies chroniques, notamment les maladies coronariennes, l’accident vasculaire cérébral, l’hypertension, le cancer du sein, le cancer du côlon, le diabète de type 2 et l’ostéoporose (Warburton et coll., 2007arenvoi vers et brenvoi vers). Une relation dose-réponse a été mise en évidence entre le niveau d’activité physique/condition physique et la prévention de sept maladies chroniques. La comparaison des groupes de sujets les plus actifs/en meilleure condition physique aux groupes les moins actifs/en moins bonne condition physique a permis d’estimer des réductions du risque de survenue de ces maladies : 33 % pour les maladies cardiovasculaires, 31 % pour les accidents vasculaires cérébraux, 32 % pour l’hypertension, 30 % pour le cancer du côlon, 20 % pour le cancer du sein, 42 % pour le diabète de type 2. Pour l’ostéoporose, la quantification est plus difficile, bien que des études montrent que le risque diminue avec l’augmentation du niveau d’activité physique (Warburton et coll., 2010renvoi vers). Cette étude a également montré qu’un niveau élevé d’activité physique réduisait le risque de mortalité prématurée et de mortalité toutes causes confondues d’environ 31 % par rapport à une absence d’activité, et que les bénéfices sur la santé augmentaient avec le volume et/ou l’intensité de l’activité (Warburton et coll., 2010renvoi vers). Les effets de pratique d’activité physique sont également démontrés dans le traitement des maladies chroniques et l’activité physique est de plus en plus considérée comme complément thérapeutique (Pedersen et Saltin, 2006renvoi vers ; Warburton et coll., 2006renvoi vers).
L’intérêt pour la relation entre activité sédentaire et santé est plus récent. La plupart de l’activité sédentaire se rapporte à des temps prolongés passés en position assise. Il faut souligner que passer trop de temps assis est différent d’avoir peu d’activité physique et a ses propres conséquences métaboliques : les effets délétères sur la santé du temps passé assis sont indépendants du niveau d’activité physique (Hamilton et coll., 2007renvoi vers ; Healy et coll., 2008brenvoi vers). Le temps passé assis est associé au syndrome métabolique, au diabète de type 2, à l’obésité et aux maladies cardiovasculaires. Plus particulièrement, Healy et coll. ont montré dans une population adulte qui atteint le niveau d’activité physique recommandé, une augmentation des risques métaboliques avec le temps passé devant la télévision (Healy et coll., 2008brenvoi vers). D’autres auteurs ont montré que plus le temps passé assis est élevé, plus le risque de mortalité toutes causes ou par maladie cardiovasculaire est élevé, indépendamment du niveau d’activité physique de loisirs (Katzmarzyk et coll., 2009renvoi vers) ou du niveau d’activité physique total (van der Ploeg et coll., 2012renvoi vers).
Quelle que soit la méthode de mesure utilisée, des associations ont été montrées entre le temps total d’activité sédentaire et des paramètres de santé (obésité, diabète, syndrome métabolique, marqueurs de risque métabolique…). Le temps de sédentarité déclaré, représenté par le temps passé à regarder la télévision ou par le temps total passé assis, est associé à des impacts importants sur les muscles, la santé cardiovasculaire et le métabolisme (Zderic et Hamilton, 2006renvoi vers ; Hamilton et coll., 2007renvoi vers ; Healy et coll., 2008crenvoi vers). Les résultats d’une méta-analyse ont montré qu’un temps prolongé passé à regarder la télévision était associé à une augmentation du risque de diabète de type 2 (RR=1,20 ; IC 95 % [1,14-1,27]), de maladie cardiovasculaire (RR=1,15 ; IC 95 % [1,06-1,23]) et de mortalité toutes causes (RR=1,13 ; IC 95 % [1,07-1,18]) pour chaque augmentation de 2 heures du temps passé devant la télévision (Grontved et Hu, 2011renvoi vers). Parmi les études considérées dans cette méta-analyse, celle de Stamatakis et coll. a plus particulièrement porté sur le temps passé devant un écran pendant les loisirs. Les résultats ont montré une augmentation du risque de mortalité toutes causes de 48 % chez les sujets qui passaient 4 heures ou plus par jour devant un écran pour le loisir, comparés à ceux qui passaient moins de 2 heures par jour, et le risque d’événement cardiovasculaire était augmenté de 125 % chez les personnes qui passaient 2 heures ou plus par jour (Stamatakis et coll., 2011renvoi vers).
Des revues systématiques ont été menées à partir d’études longitudinales explorant les associations entre l’activité sédentaire et un paramètre de santé chez les jeunes (Chinapaw et coll., 2011renvoi vers) ou chez les adultes (Thorp et coll., 2011renvoi vers). Chez les jeunes, une relation linéaire a été mise en évidence entre l’augmentation du temps passé devant un écran et la réduction de leur capacité aérobie (Chinapaw et coll., 2011renvoi vers). Une relation constante a été observée avec la mortalité chez les adultes et la prise de poids de l’enfance à l’âge adulte, c’est-à-dire qu’un temps d’activité sédentaire plus élevé est associé à une mortalité toutes causes plus élevée et à un risque d’obésité à l’âge adulte (Thorp et coll., 2011renvoi vers). Chez les personnes âgées, une activité sédentaire élevée est associée à des facteurs de risque cardiométaboliques (Stamatakis et coll., 2012renvoi vers).
Les activités sédentaires peuvent être variées et ne pas avoir les mêmes effets sur le niveau d’activité physique. Par exemple, utiliser l’ordinateur peut apporter à l’enfant diverses réactions en fonction de son usage. Une étude menée chez les adolescents a montré que le temps passé à utiliser Internet était associé à un niveau élevé d’activité physique chez les garçons. L’utilisation d’Internet permet de diminuer le temps passé devant la télévision, de stimuler la lecture et d’accéder à des réseaux sociaux. En revanche, jouer sur l’ordinateur était associé à de faibles niveaux d’activité physique (Koezuka et coll., 2006renvoi vers).
Des études menées dans une population d’adultes ont montré que des pauses fractionnant le temps d’activité sédentaire sont associées à des bénéfices sur différents paramètres de santé (indice de masse corporelle - IMC, triglycérides, glucose plasmatique à 2 h, tour de taille) (Healy et coll., 2008arenvoi vers), indépendamment du volume total d’activité sédentaire et du niveau d’activité physique d’intensité modérée à vigoureuse. Ainsi, le temps total d’activité sédentaire est associé à plusieurs facteurs de risque cardiovasculaires alors que rompre ce temps (indépendamment du temps total et de l’activité physique modérée à vigoureuse) est associé à des bénéfices (Dunstan et coll., 2011renvoi vers).
Chez les jeunes âgés de 5 à 17 ans, la réduction de tout type d’activité sédentaire est associée à une diminution des risques pour la santé. Si regarder la télévision plus de 2 heures tous les jours est associé à une moins bonne santé physique et psychosociale, la réduction du temps d’activité sédentaire conduit à des réductions de l’IMC (Tremblay et coll., 2011renvoi vers).
Si les effets de l’activité sédentaire impliquent des processus physiologiques et moléculaires distincts de ceux de l’activité physique, les recommandations françaises actuelles sur l’activité physique (30 minutes par jour d’activité physique d’intensité au moins modérée) pourraient être insuffisantes et devraient inclure une recommandation sur la sédentarité. En effet, en considérant une durée de sommeil de 8 h, les personnes qui suivent ces recommandations passent dans une journée la plupart de leur temps (15 h 30) à des activités sédentaires.

Méthodes d’évaluation de l’activité physique et du comportement sédentaire : outils de mesure et indicateurs

Une bonne qualité des mesures des activités physique et sédentaire est essentielle à la surveillance de la population et à l’évaluation de l’efficacité des interventions. Les comportements d’activité physique et d’activité (comportement) sédentaire peuvent être mesurés par des méthodes objectives et des méthodes déclaratives (tableau 5.IIIrenvoi vers).
Les paramètres descriptifs de l’activité physique et de l’activité sédentaire les plus utilisés sont la durée, la fréquence, l’intensité, le domaine ou contexte (loisirs, travail, domestique, transport) et le type d’activité. Des indicateurs combinant ces paramètres peuvent être calculés globalement ou pour chacun des domaines. Les plus courants sont le volume (durée x fréquence) et la dépense énergétique (durée × fréquence × intensité), celle-ci étant plutôt calculée pour rendre compte de l’activité physique globale.
Le temps passé devant un écran (télévision, vidéo, jeux vidéo, ordinateur…) est actuellement l’indicateur de sédentarité le plus utilisé et dans la majorité des études, c’est le temps passé à regarder la télévision qui est mesuré par questionnaire. De plus, les propriétés psychométriques des instruments utilisés pour étudier la sédentarité ont été très peu évaluées, et les qualités ainsi que les résultats obtenus selon les différents outils sont hétérogènes que ce soit chez les enfants, les adolescents (Bryant et coll., 2007renvoi vers) ou les adultes (Clark et coll., 2009renvoi vers et 2011renvoi vers).

Mesures déclaratives

Les outils de mesures déclaratives les plus utilisés sont les questionnaires de rappel d’activité et les journaux de relevé d’activité. Les qualités psychométriques des questionnaires ont fait l’objet d’études à la fois chez les jeunes (Chinapaw et coll., 2010renvoi vers), les adultes (van Poppel et coll., 2010renvoi vers) et les personnes âgées (Forsen et coll., 2010renvoi vers). Cependant, les questionnaires disponibles en langue française sont peu nombreux (Vuillemin et coll., 2012renvoi vers).
Certains questionnaires permettent à la fois de rendre compte de l’activité physique et de l’activité sédentaire. Ils intègrent des questions relatives aux activités sédentaires, telles que le temps passé assis et le temps d’écran-loisir. Les questionnaires International Physical Activity Questionnaire (IPAQ) (Rosenberg et coll., 2008renvoi vers) et Global Physical Activity Questionnaire (GPAQ), ou celui utilisé dans le système Behavioral Risk Factor Surveillance (BRFSS) intègrent des mesures de temps passé assis. Cependant, des interrogations subsistent quant à la compréhension des questions posées dans les questionnaires, notamment ceux adressés à la population âgée (van Uffelen et coll., 2011renvoi vers).
D’autres questionnaires mesurent spécifiquement les activités sédentaires. Des questionnaires de ce type ont été élaborés pour les adolescents (Hardy et coll., 2007renvoi vers) et les adultes (Marshall et coll., 2010renvoi vers ; Rosenberg et coll., 2010arenvoi vers) permettant d’apprécier différents types d’activités sédentaires (temps passé dans une file d’attente, lecture…). La validité et la fiabilité des instruments de ces questionnaires pour évaluer la sédentarité ont fait l’objet de revues récentes de littérature récente chez les enfants et les adolescents (Lubans et coll., 2011renvoi vers) ainsi que chez les adultes (Clark et coll., 2009renvoi vers). Les méthodes de validation des questionnaires utilisent généralement les accéléromètres comme mesures objectives pour comparer les résultats obtenus. Une faible corrélation est observée entre les deux types d’outils, que ce soit chez les enfants, les adolescents (Adamo et coll., 2009renvoi vers ; Saunders et coll., 2011renvoi vers) ou les adultes (Prince et coll., 2008renvoi vers). Ces résultats ne sont pas surprenants si l’on considère que les questionnaires et les accéléromètres ne mesurent pas tout à fait les mêmes choses. En résumé, les questionnaires permettent de recueillir des informations qualitatives sur l’activité physique et les accéléromètres des informations plutôt quantitatives.
Les questionnaires sont les outils les plus communs du fait de leur faible coût et des possibilités d’administration dans de grands échantillons. Ils varient selon différents critères : paramètres recueillis, domaines d’activité physique considérés, période de rappel, mode d’administration, population cible, indicateurs… Certains questionnaires ont été développés dans un but de surveillance alors que d’autres sont plus sensibles au changement de comportement et sont donc plus adaptés à une utilisation dans des études d’intervention. Le biais de rappel et de désirabilité sociale est la principale limite de ces questionnaires.

Mesures objectives

Les mesures objectives incluent les mesures indirectes de la dépense énergétique (calorimétrie indirecte en général), la surveillance du rythme cardiaque et les capteurs de mouvement (principalement les podomètres et les accéléromètres). Les instruments les plus utilisés sont les accéléromètres et les podomètres. Les accéléromètres mesurent à la fois l’activité physique et l’activité sédentaire à partir de la définition de seuil, l’activité sédentaire étant considérée comme inférieure à 100 coups par minute (Healy et coll., 2008arenvoi vers ; Wong et coll., 2011renvoi vers). Cependant, une dépense énergétique correspondant à une activité sédentaire (<1,5 METs) peut inclure des périodes en position debout alors que, comme décrit plus haut, la posture assise ou debout a des effets différents sur l’organisme. Il est donc préférable de parler de posture assise ou couchée pour caractériser une activité sédentaire (Chastin et Granat, 2010renvoi vers).
Les accéléromètres sont utilisés pour toutes les populations, de l’enfant à la personne âgée. Ces petits appareils électroniques collectent des données sur une longue période pouvant être téléchargées en vue d’une analyse par un logiciel spécifique (par exemple : Actilife, MeterPlus). Plusieurs paramètres doivent être définis, ils conditionneront les résultats et leur interprétation : période, nombre de jours et durée de port de l’appareil par jour, intervalle de temps d’échantillonnage, définition des seuils d’intensité… Si les accéléromètres présentent l’avantage de ne pas faire appel aux déclarations du sujet, ils nécessitent l’adhésion du sujet à porter l’appareil et à respecter les consignes. Les autres principales limites de ces instruments sont leur coût, l’absence de données sur le contexte de la pratique (loisirs, travail, domestique, transport), mais également la fiabilité de la dépense énergétique calculée du fait des équations de prédiction utilisées.
Le podomètre comptabilise le nombre de pas ; il permet aussi une prise de conscience par le sujet de son activité à partir d’une activité physique simple, la marche, accessible au plus grand nombre, sous une forme utilitaire ou de loisirs. Le podomètre ne distingue pas la marche de la course et ne prend pas en compte les variations de longueur de pas.
Plus récemment, des échelles courtes de mesure des équipements domestiques favorisant l’activité physique (équipements sportifs) et la sédentarité (écrans) chez les adolescents ont également été validées (Rosenberg et coll., 2010brenvoi vers).
Les mesures déclaratives et objectives sont complémentaires : il est important de favoriser l’utilisation simultanée de ces deux méthodes pour rendre compte à la fois du temps total d’activité et de son fractionnement mais également du type d’activité et du contexte de sa réalisation (Healy et coll., 2011renvoi vers ; Lubans et coll., 2011renvoi vers). Si les limites des questionnaires sont clairement identifiées (Shephard, 2003renvoi vers), moins d’attention a été accordée aux limites potentielles des instruments de mesures objectives (Kayes et McPherson, 2010renvoi vers).

Tableau 5.III Exemples d’instruments d’évaluation et d’indicateurs de l’activité physique et de la sédentarité (d’après Tremblay, 2010renvoi vers)

 
Mesure de l’activité physique
Mesure de la sédentarité
Méthodes d’évaluation
Procédure d’évaluation
Exemple d’indicateurs
Procédure d’évaluation
Exemple d’indicateurs
Directes (objectives)
Observation directe
Calorimétrie indirecte portable
Eau doublement marquée
Accéléromètre
Podomètre
Surveillance du rythme cardiaque
Minutes d’AP, types d’AP
Dépense énergétique, VO2
Dépense énergétique
Minutes au-dessus des seuils
Nombre de pas par jour
Minutes au-dessus des seuils
Observation directe
Calorimétrie indirecte portable
Eau doublement marquée
Accéléromètre
Podomètre
Surveillance du rythme cardiaque
Minutes de SB, types de SB
Minutes au taux métabolique de repos
Dépense énergétique
Minutes en-dessous des seuils
Nombre de pas par jour
Minutes en-dessous des seuils ou au repos
Rapportées (subjectives)
Questionnaire ou interview sur l’APa
Journal de relevé de l’AP
Logc de l’AP
Rappel du transport actif
Dépense énergétique, minutes d’AP
Dépense énergétique, minutes d’AP
Fréquence d’AP, types d’AP
Type, fréquence, durée, distance
Questionnaire ou interview sur SBb
Journal de relevé de SB
Log de la sédentarité
Rappel de l’usage de l’automobile
Minutes de SB, temps passé assis ou devant écran
Minutes de SB, temps passé assis ou devant écran
Fréquence de SB, types de SB
Fréquence, durée, distance, temps en voiture

a AP : Activité physique ; b SB : Sédentarité (Sedentary behaviour) ; c Le log diffère du journal par le fait que toutes les activités de la journée ne sont pas reportées

En conclusion, la définition de l’activité physique proposée par Caspersen, en 1985, est aujourd’hui largement reprise : « ensemble des mouvements corporels produits par la mise en action des muscles squelettiques et entraînant une augmentation substantielle de la dépense énergétique au-dessus du métabolisme de repos ». La sédentarité est plus difficile à définir et une confusion persiste souvent dans la littérature entre l’inactivité et la sédentarité correspondant l’une comme l’autre à un niveau d’activité physique inférieur à celui des recommandations de santé publique. Les recommandations de l’OMS qui représentent le consensus international, préconisent : pour les enfants et les adolescents, au moins 60 minutes par jour d’activité physique d’intensité modérée à soutenue (avec des activités d’intensité soutenue qui renforcent le système musculaire et l’état osseux au moins trois fois par semaine) ; pour les adultes, au moins 150 minutes d’activité d’endurance d’intensité modérée ou au moins 75 minutes d’activité d’endurance d’intensité soutenue, ou une combinaison équivalente d’activité d’intensité modérée et soutenue ; pour les plus âgés, au moins trois fois par semaine une activité physique visant à améliorer l’équilibre et à prévenir les chutes.
En parallèle à la promotion de l’activité physique, quelle que soit son intensité, il est également recommandé de limiter et fractionner le temps passé à des activités sédentaires et en position assise chez les adultes comme chez les jeunes. De nombreux travaux ont aujourd’hui bien documenté des associations entre le temps total d’activité sédentaire et des paramètres de santé (obésité, diabète, syndrome métabolique, marqueurs de risque métabolique…).
Il apparaît donc fondamental de tenir compte à la fois des activités physiques et sédentaires et de considérer leur mode de mesure comme déterminant pour évaluer ces comportements de santé dans les populations. Les indicateurs d’activité physique les plus couramment utilisés sont le volume (durée x fréquence) et la dépense énergétique (durée x fréquence x intensité), celle-ci étant plutôt calculée pour rendre compte de l’activité physique globale. Quant à la sédentarité, c’est le temps passé devant un écran (télévision, vidéo, jeux vidéo, ordinateur…) qui est mesuré et dans la majorité des études le temps passé devant la télévision d’après un questionnaire. L’évaluation peut également se faire avec des méthodes objectives (calorimétriques, accéléromètres, podomètres, rythme cardiaque). Si l’évolution des technologies permet de mieux quantifier le mouvement et l’environnement dans lequel il est réalisé, la combinaison d’instruments de mesure est largement recommandée aujourd’hui et doit être recherchée car la complémentarité des outils de mesure permet d’apprécier les activités physiques et sédentaires dans leur complexité avec notamment des informations qualitatives. La prise en compte de la perception que le sujet a de sa propre activité est également intéressante pour une meilleure compréhension du comportement et la mise en place des dispositifs visant à promouvoir l’activité physique ou à réduire le temps d’activité sédentaire.
Anne Vuillemin
Université de Lorraine, Université Paris Descartes,
Apemac, EA 4360, Faculté du Sport, Nancy

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