Les hépatites virales, en particulier les hépatites B et C, représentent un problème de santé publique important en France, encore largement sous-estimé. Responsables d'infections chroniques pouvant conduire à des cirrhoses et des cancers primitifs du foie, les virus des hépatites B et C ont fait l'objet de nombreux travaux tant pour comprendre leur biologie moléculaire que pour mettre au point des vaccins efficaces. L'existence d'un vaccin contre l'hépatite B, fabriqué par génie génétique depuis 1989, a permis de proposer une politique vaccinale dans tous les pays développés. Axée tout d'abord sur les groupes à risque, puis étendue de manière systématique aux pré-adolescents, la vaccination est maintenant recommandée en France dans le calendrier vaccinal du nourrisson. Une telle politique devrait à terme permettre l'éradication de l'infection par le virus B. En l'absence d'un vaccin contre le virus de l'hépatite C, la prévention contre cette infection reste du domaine de la recommandation de prophylaxie primaire. Très fréquente chez les toxicomanes par voie intra-veineuse (plus de 70%), l'infection trouve là un milieu propice de diffusion par l'échange de matériel. Sa faible transmission par voie sexuelle, contrairement à l'hépatite B, constitue d'un autre côté un frein à sa propagation en population générale. Le dépistage systématique chez les donneurs de sang depuis 1990 a fait disparaître cette voie de contamination par le VHC reste inconnu dans 30% des cas qui sont donc peu accessibles à une stratégie de prévention. Ce dépistage, qui ne peut être appliqué à toute la population, est proposé à tous les les sujets susceptibles d'avoir été contaminés. Il permet également une prise en charge thérapeutique précoce des patients. Bien que d'une efficacité parfois limitée, le traitement par l'interféron, et prochainement par d'autres molécules anti-virales, constitue un espoir.

Parallèlement à ces hépatites à transmissions sanguine et/ou sexuelle, des épidémies d'hépatites à transmission entérale (A et E) continuent de se produire ponctuellement, sans pour autant constituer un réel danger pour les populations. Cependant, il faut souligner que la baisse d'immunité naturelle dans la population la plus jeune, compte tenu de meilleures conditions d'hygiène aujourd'hui, entraîne un risque plus grand de maladie grave à l'âge adulte nécessitant, dans de rares cas, une transplantation hépatique. L'application des règles de vaccination prévues pour tous les sujets susceptibles de transmettre le virus (personnels affectés à la restauration collective, voyageurs en zone d'endémie...) doit permettre d'éviter la survenue d'épidémies.

A la demande de la Mutuelle Générale de l'Education Nationale (MGEN), l'INSERM a réuni un groupe pluridisciplinaire d'experts (médecins et chercheurs virologues, hépatologues, pédiatres, épidémiologistes, économistes de la santé et spécisalistes des vaccins) qui a analysé quelque articles récents et formulé un certain nombre de recommandations concernant le dépistage, le traitement et la prévention des différentes hépatites virales.

Dans cet ouvrage, une mise à jour sur les les questions les plus actuelles conceranat les hépatites virales sera utile aux divers acteurs de santé publique, médecins généralistes et spécialistes, chercheurs et étudiants.

Dans cette expertise

Rapport complet, 265 p. :

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Synthèse et recommandations, 29 p. :

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Groupe d'experts et auteurs

Groupe d'experts et auteurs
  • Pr Michel DEHAN, chef du service de pédiatrie et de réanimation néonatales, Hôpital Antoine Béclère, AP HP, Clamart, Faculté de médecine Kremlin Bicêtre (Paris XI)
  • Pr Philippe EVRARD, chef du service de neurologie pédiatrique et des maladies métaboliques, laboratoire de recherches en neurologie du développement, Faculté de médecine Xavier Bichat (Paris VII) et Hôpital Robert Debré, AP HP, Paris
  • Françoise FERRE, reproduction et physiopathologie obstétricale, directeur de l'unité INSERM u 361, Maternité Port Royal Cochin, Paris
  • Monique KAMINSKI, épidémiologie de la santé des femmes et des enfants, INSERM u 149, Villejuif
  • Dr Jacques de MOUZON, épidémiologie de la reproduction humaine, INSERM u 292, Hôpital Bicêtre, Le Kremlin Bicêtre
  • Pr Israël NISAND, chef du service de gynécologie obstétrique, Centre Hospitalier Intercommunal de Poissy
  • Pr Léandre POURCELOT, système nerveux du foetus à l'enfant, directeur de l'unité INSERM u 316, Faculté de médecine, CHU Bretonneau, Tours, président du groupe
  • Pr Claude SUREAU, Institut Théramex, Bioéthique, Santé de la Femme et Société, Paris, Professeur honoraire Université Paris V
Ont été auditionnés
  • Dr Monique BYDLOWSKI, psychiatrie psychanalyse en gynécologie obstétrique (Pr Papiermik), Hôpital Cochin, AP HP, Paris
  • Dr Thierry LACAZE MASMONTEIL, pédiatrie et réanimation néonatales, Hôpital Antoine Béclère, AP HP, Clamart
  • Nicole MAMELLE, épidémiologie des composantes physiques, psychologiques et sociales de la santé, Centre de recherche INSERM, Lyon
  • Pr Carlos SONNENSCHEIN, biochimie, Department of Anatomy and Cellular Biology, Tufts University School of Medicine, Boston, USA
Coordination scientifique et éditoriale
  • Jeanne ETIEMBLE, directeur du Centre d'Expertise Collective « AVIE », INSERM SC 14
  • Marie José NAVARRO PRIGENT, chargé d'expertise, INSERM SC 14
  • Emmanuelle CHOLLET PRZEDNOWED, attaché scientifique, INSERM SC 14
Assistance bibliographique
  • Mireille BEAUDOIN, documentaliste, Centre de documentation INSERM, Département de l'Information et de la Communication
  • Philippe GUILLIAUMET, directeur du SC 2 de l'INSERM
A assuré, au nom de la DGS, le suivi de cette expertise
  • Nicole MATET, Ministère de l'Emploi